Madame Polony,
J'habite un petit village de province et souhaite apporter mon témoignage à votre cahier de doléances sur la réalité de nos territoires métropolitains oubliés.
Dans notre commune, il n'existe aucun transport en commun. La voiture individuelle n'est pas un confort ni un « choix polluant », c'est une condition stricte de survie au quotidien.
Concrètement, sans véhicule personnel :
Impossible de se ravitailler : Le premier commerce de proximité a disparu. Faire ses courses alimentaires impose de faire des kilomètres.
Impossible de se soigner : Accéder à un médecin généraliste ou à une pharmacie relève du parcours du combattant, au cœur d'un désert médical qui s'aggrave.
Isolement social et précarité : Pour les personnes âgées qui ne peuvent plus conduire, les jeunes sans permis ou ceux dont le budget carburant prend le dessus sur le reste, la vie de village se transforme en assignation à résidence.
On nous parle de transition écologique, de sobriété et de mobilités douces, mais la réalité de nos campagnes est le vide des services publics et l'absence totale d'alternatives à l'automobile. Nous subissons de plein fouet les hausses des coûts de transport sans aucune solution de repli.
Il est urgent que la puissance publique réinvestisse nos territoires : par la réimplantation de services de santé de proximité, le soutien aux commerces locaux et le développement de transports collectifs adaptés au milieu rural (navettes à la demande, réouverture de petites lignes).
Merci de porter la voix de cette France rurale qui ne demande pas de privilèges, mais simplement le droit de vivre dignement chez elle.