Des équipements militaires dont l’indisponibilité réduit la capacité d’action
Posséder un avion, un navire ou un blindé ne suffit pas à pouvoir l’utiliser. Il faut des pièces, des mécaniciens qualifiés, des ateliers et un soutien industriel capable de réparer dans les délais nécessaires. Certaines immobilisations sont normales, notamment les grandes révisions. D’autres se prolongent faute de moyens ou à cause de difficultés d’organisation.
Selon la Cour des comptes, 6,58 milliards d’euros ont été dépensés en 2025 sur le poste « entretien programmé du matériel ». Ce montant ne représente pas tout le coût de la maintenance, qui mobilise aussi des personnels et des infrastructures financés sur d’autres lignes.
Dans son contrôle publié en 2024 sur la maintenance aéronautique entre 2018 et 2023, la Cour constatait des progrès de disponibilité depuis 2018, mais des résultats encore inférieurs aux besoins des armées. Dans son analyse du budget 2026, le Sénat souligne que la sophistication des équipements et le renchérissement de leur entretien absorbent une partie des moyens supplémentaires.
Les difficultés diffèrent selon les matériels : coexistence de générations anciennes et nouvelles, pièces longues à obtenir, compétences rares, capacités industrielles limitées et contrats complexes. Pour 2025, la Cour relève encore des reports de signature de contrats de maintenance.
Ces immobilisations réduisent les possibilités d’entraînement et concentrent l’utilisation sur les matériels disponibles. Elles peuvent aussi rendre les forces plus dépendantes des délais et des décisions de leurs fournisseurs.
Enfin, la restriction de publication des indicateurs depuis 2024 complique l’évaluation publique des progrès. Le problème concerne donc à la fois la disponibilité réelle, la capacité à réparer durablement et la mesure des résultats obtenus avec les budgets engagés.