Construire une défense aérienne durable, avec des interceptions économiquement soutenables
Objectif : mieux protéger les personnes, les forces et les infrastructures essentielles contre des attaques répétées, sans épuiser les moyens les plus coûteux.
1. Ce qui existe déjà
La France dispose de moyens de défense aérienne et de lutte anti-drones. La programmation actualisée en août 2026 prévoit notamment 10 systèmes SAMP-T NG en 2030, contre 8 SAMP-T fin 2024, et 43 systèmes de lutte anti-drones en 2030. Ces catégories ne sont pas interchangeables.
Le programme ELISA vise déjà l’évaluation, le développement et la production de drones intercepteurs. La proposition renforce ces programmes après essais, en distinguant livraisons prévues et disponibilité réelle.
2. Fixer une protection prioritaire réellement financée
D’ici fin 2027, traduire les évaluations existantes en engagements de protection hiérarchisés, avec calendrier, moyens affectés et financement. Couvrir les forces déployées, les installations militaires et les infrastructures civiles essentielles, y compris outre-mer.
Pour chaque priorité retenue, comptabiliser ensemble équipements, personnels, entraînement, entretien et consommables. Vérifier qu’un même moyen n’est pas promis à plusieurs missions incompatibles.
L’autorité politique arbitrerait les besoins non couverts. Les sites, niveaux de protection et insuffisances resteraient confidentiels. Un bilan public présenterait les progrès agrégés, sans promettre un bouclier intégral.
3. Passer des essais d’intercepteurs abordables aux commandes
Dans ELISA et les autres dispositifs existants, réserver un financement de première série aux solutions ayant satisfait aux essais, avec des commandes conditionnelles prévues dès le départ.
Objectif proposé : disposer d’ici fin 2028 d’au moins deux sources françaises ou européennes qualifiées pour les catégories de drones intercepteurs retenues, lorsque l’offre et les essais le permettent. La seconde source doit offrir une alternative réelle en cas de défaillance de la première.
Les contrats couvriraient la fourniture, le soutien, les mises à jour et les délais de réapprovisionnement. Les quantités dépendraient des besoins militaires.
4. Mesurer le coût complet de la protection
Comparer les solutions sur des essais représentatifs et indépendants du fournisseur : efficacité, sécurité, disponibilité et coût complet, comprenant détection, personnels, entretien et consommables.
Objectif proposé pour les catégories de drones adaptées à des solutions économiques : réduire de 50 % d’ici 2029 le coût complet moyen par neutralisation réussie par rapport à une référence établie en 2027, à efficacité et sécurité comparables. Cette cible ne s’appliquerait pas indistinctement aux missiles balistiques ou aux autres menaces.
Conserver les capacités haut de gamme indispensables. Les drones intercepteurs, le brouillage, les canons ou les technologies émergentes ne constituent pas chacun une réponse universelle.
5. Acheter des systèmes compatibles et disponibles
Exiger, pour les nouveaux équipements concernés, une compatibilité vérifiée avec l’organisation de défense aérienne existante. Financer les personnels et le soutien en même temps que les matériels.
Évaluer les nouvelles solutions face à l’évolution des menaces, notamment les drones rapides, y compris à réaction, et les attaques répétées. Les résultats détaillés resteraient protégés.
Pour les infrastructures civiles, préciser préalablement les autorités compétentes, les autorisations et les responsabilités. L’achat d’un équipement ne doit pas être assimilé à une autorisation de brouiller ou de neutraliser un aéronef.
6. Financement, responsabilités et résultats
Présenter sous six mois le coût des renforcements proposés, en distinguant programmes déjà financés, accélérations de calendrier et capacités supplémentaires. Intégrer les dépenses annuelles de personnel et de fonctionnement. Toute dépense nouvelle devrait faire l’objet d’un financement explicite.
L’État finance les capacités militaires et arbitre les priorités. Les opérateurs d’infrastructures contribuent selon leurs obligations et les conventions conclues, sans remplacer la responsabilité de défense de l’État.
L’état-major des armées coordonne les besoins ; la DGA conduit les acquisitions et évaluations avec les forces. Le SGDSN et les ministères concernés organisent le volet infrastructures critiques ; les préfets coordonnent localement. Les collectivités contribuent à la continuité des services relevant de leurs compétences.
Le Parlement suivrait annuellement les capacités réellement disponibles, les dépenses, les résultats des essais et les délais de reconstitution. Aucun gain financier ne serait présenté comme acquis avant vérification.
Bénéfices attendus : protection plus durable, moindre consommation des intercepteurs les plus rares, industrie européenne renforcée et dépenses mieux reliées à l’efficacité réelle.