Souveraineté — On régule et on taxe, mais on ne construit pas ; et quand l’État construit, il échoue
En mai 2020, le gouvernement annonçait une plateforme nationale pour concurrencer les géants de la réservation touristique. Elle n’a jamais vu le jour. Le projet a été réduit en 2021 à une plateforme d’activités de loisirs pilotée par la Caisse des dépôts : environ 50 millions d’euros d’argent public, plus de 19 millions de pertes cumulées fin 2023, l’abandon du modèle initial, puis la revente à un concurrent étranger en juillet 2026. Quelques années plus tôt, un projet de portail national du tourisme avait déjà échoué. L’erreur est toujours la même : l’acteur public veut exploiter lui-même une plateforme, un métier qui n’est pas le sien, au lieu d’outiller ceux qui détiennent déjà l’offre et la relation avec les clients.