Les guerres de haute intensité des 5 dernières années révèlent l’inadaptation des armées post-chute du mur de Berlin à la réalité des combats d’aujourd’hui, notamment au niveau de l’approvisionnement en munitions, de la soutenabilité économique et industrielle de l’effort de guerre, de la disproportion entre la coûteuse défense haut de gamme mobilisée face à des menaces « low-cost » comme les drones de saturation.
Israël et les USA sont tombés dans ce piège de la consommation de munitions, au point de menacer leurs stocks de munitions et leurs capacités de réaction/dissuasion face à d’autres crises, et de compromettre la durabilité et crédibilité de leurs dômes défensifs, en revanche l’Ukraine semble avoir développé une adaptation, un bricolage des moyens et l’émergence de filières telles que les drones, qui lui permettent de prolonger son effort de guerre et de briller sur la scène mondiale de la défense.
La France, qui mobilise des Rafale au Moyen-Orient et dans les pays baltes, qui abat des drones équivalents Shahed avec des missiles guidés coûteux, doit tirer les enseignements de ces « interceptions réussies » qui constituent autant d’échecs logistiques en vidant les stocks de missiles et usant un matériel haut de gamme dispendieux, pour apprendre à se battre pour moins cher, avec des balles, des obus, des drones, peut-être en armant des Alpha Jet pour des patrouilles aériennes à bas coût face à de basses menaces.
Même si la France n’est pas en première ligne des menaces de conflits de haute intensité, son statut de puissance militaire européenne, de partenaire défense au Moyen-Orient, de grand exportateur historique d’armements, implique de s’ouvrir à ces solutions de masse et de plus faibles coûts, afin de conserver son rang face à la nouvelle ère militaire qui s’ouvre.