Je fais partie d’une génération qui a connu le service militaire obligatoire, suspendu sous Jacques Chirac. Et je suis convaincue que son rétablissement serait un véritable bienfait pour notre société.
Deux de mes amis, notamment, avaient découvert parmi leurs camarades certains qui savaient à peine lire et écrire, voire pas du tout. Ils avaient alors consacré une partie de leur temps libre à leur apprendre les bases de la lecture et de l’écriture. Imaginez ce que cela a pu changer dans la vie de ces garçons !
Pour mesurer l’importance de cet apprentissage, en 2003, le ministère de la Justice avait lancé une opération intitulée « 1000 mots », destinée à enrichir le vocabulaire de jeunes en grande difficulté, notamment incarcérés. Le ministère soulignait alors que certains de ces jeunes ne maîtrisaient qu’environ 200 mots. Deux cents mots ! Comment espérer s’exprimer correctement, défendre ses idées, comprendre les autres et trouver sa place dans la société avec un vocabulaire aussi limité ? L’accès au savoir n’est pas un détail : il peut changer une vie. Et certains s’en sont sortis parce que leurs camarades d’armée leur ont appris les bases.
Mais l’armée, c’est aussi l’apprentissage de la discipline, du respect des règles et de l’autorité. Pour certains qui grandissent aujourd’hui sans véritable cadre éducatif pour une raison ou une autre ou parce que leurs parents sont dépassés, une année structurée, avec des responsabilités et des règles clairement établies, représente une occasion de retrouver des repères. Se confronter à une autorité où désobéir entraîne une sanction immédiate est sans aucun doute nécessaire pour certains de nos jeunes sans repères.
Et n’oublions pas les possibilités de formation ! Certains y passaient leur permis de conduire, parfois même leur permis poids lourd, et pouvaient ainsi accéder directement à un métier à leur retour à la vie civile.
Cahier de doléances · Défense
Problème n° 4867
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