Pour un grand emprunt national
La France finance son budget en s’adressant aux marchés financiers internationaux. Ce ne sont donc plus uniquement les citoyens qui décident des priorités de la Nation, mais aussi des investisseurs dont le seul critère est le rendement. Le grand emprunt national propose d’inverser cette logique : que le peuple français redevienne le premier financier de son propre État.
Trois raisons de le soutenir
1. La souveraineté financière. Chaque obligation souscrite par un ménage ou une collectivité française est une part de notre dette qui revient entre les mains de ceux qui vivent de et pour ce pays. Une dette détenue en interne est moins sensible aux paniques des marchés, les intérêts reviennent dans l’économie nationale, et une Nation qui se finance par son peuple envoie un signal de confiance — y compris aux marchés eux-mêmes.
2. Un acte citoyen fédérateur. Souscrire à l’emprunt, c’est passer de spectateur à acteur : chacun, selon ses moyens, contribue concrètement au projet national, au-delà de tous les clivages. L’épargnant citoyen retrouve de surcroît un intérêt direct à ce que l’argent public soit bien dépensé. Les grands emprunts de la Libération et de la reconstruction ont accompagné les moments où la Nation s’est rassemblée.
3. Du bon sens économique. Chaque euro emprunté doit financer des investissements productifs — réindustrialisation, transition énergétique, défense, recherche — jamais la dépense courante. La France détient l’un des stocks d’épargne les plus élevés au monde, aujourd’hui en grande partie dormant : l’emprunt national mobiliserait cette épargne au service de l’intérêt général, sans peser sur l’impôt.
Conclusion
Un grand emprunt national est un acte politique et civique : réduire notre dépendance envers des marchés que nous ne contrôlons pas, mobiliser l’épargne des Français et redonner à chaque citoyen une place concrète dans le projet commun.