Les pouvoirs publics dépensent pour attirer des habitants dans des territoires dont ils ferment les services.
En juin 2025, le CNER, qui fédère les agences d’attractivité, a publié une étude sur ce qui rend un territoire attirant. Elle est écrite par des professionnels du sujet. Elle dit ceci :
« L’une des principales raisons réside dans la difficulté d’accès aux services essentiels : écoles, commerces, santé, transports. »
« Les fermetures de classes, de commerces et de cabinets médicaux ont souvent éloigné les habitants de ces infrastructures essentielles. »
Et quand ces mêmes professionnels classent les facteurs d’attractivité, vingt-quatre sur trente citent en premier l’accessibilité du territoire. Avant le foncier, avant les aides.
Le diagnostic est donc posé, par ceux dont c’est le métier.
Regardez maintenant ce que la même étude recommande : mieux accueillir, créer une marque de territoire, animer des clubs d’ambassadeurs, accompagner les arrivants. De la communication et de l’accompagnement, c’est-à-dire ce qui ne coûte presque rien.
Pas un seul levier ne porte sur la cause qu’elle vient d’identifier. Pas une ligne sur rouvrir, maintenir ou financer une école, un commerce, un cabinet médical.
C’est cette contradiction que je signale, et elle est quotidienne : l’État ferme une classe dans un village et subventionne au même moment une campagne destinée à y attirer des familles. Le département finance une politique d’accueil pendant que la ligne de car disparaît.
En Saône-et-Loire, où je vis, le solde migratoire est positif depuis des années : il arrive plus de gens qu’il n’en part. Le département perd pourtant environ mille habitants par an. Attirer n’a jamais été le problème. On ne retient pas.
Tant qu’on traitera l’attractivité comme un problème de communication, on financera des brochures pour des villages sans école.