Les actes antireligieux en France : une attention inégale ?
Selon le ministère de l’Intérieur, 2 489 actes antireligieux ont été recensés en France en 2025 : 1 320 actes antisémites, 843 actes antichrétiens et 326 actes antimusulmans. Si les actes antisémites restent historiquement élevés malgré une baisse de 16 %, les actes antichrétiens augmentent de 9 % et les actes antimusulmans de 88 %. Ces faits sont inadmissibles et doivent être sanctionnés par la justice.
Je trouve toutefois regrettable que les actes antichrétiens semblent parfois peu médiatisés, voire banalisés. La sphère médiatique associée à Vincent Bolloré, notamment CNews et Europe 1, leur accorde une place importante. Il serait dommage que la dénonciation de ces actes paraisse réservée à ces médias. La défense des chrétiens ne devrait être le monopole d’aucun courant politique : toutes les rédactions devraient pouvoir traiter ce sujet avec sérieux, sans récupération idéologique et sans minimiser les autres formes de haine religieuse.
Une enquête de La Croix et de l’IFOP publiée en décembre 2025 indique que 46 % des Français se déclarent catholiques. Parmi eux, 6,3 millions d’adultes sont considérés comme des catholiques engagés, tandis que les pratiquants réguliers représentent 5,5 % des adultes. Ces chiffres montrent l’importance de distinguer l’appartenance culturelle au catholicisme de la pratique religieuse.
Enfin, la laïcité doit garantir à chacun la liberté de conscience et le libre exercice de son culte. Elle ne signifie pas effacer les religions de la société, mais protéger tous les citoyens sans distinction. Reconnaître les actes antichrétiens ne revient pas à minimiser l’antisémitisme ou les actes antimusulmans : aucune victime ne devrait être oubliée, et la liberté religieuse doit être défendue par tous.