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Problème n° 8262

Sauver notre système de sécurité sociale de l’implosion totale et définitive. Étant un médecin généraliste à la retraite, j’ai pu constater pendant ma carrière un certain nombre de problèmes qu’il n’est pas toujours bon de dire à voix haute :
1) On nous parle en permanence de prévention, mais à part des programmes de dépistage pour quelques maladies, rien n’est fait à la base même des causes
2) La France, comme beaucoup d’autres pays, s’est rendue progressivement dépendante d’une véritable mafia pharmaceutique qui vend des médicaments de plus en plus chers sous prétexte de coûts élevés de production et de recherche. Certains de ces produits atteignent des prix absolument exorbitants.
3) Le tout gratuit non seulement n’est plus possible, mais il est contreproductif parce qu’il incite à une surconsommation injustifiée en soins inutiles
4) Le constat que les médecins (souvent sous la pression des patients) prescrivent trop de médicaments est vieux et partagé par une majorité des professionnels, mais, si les solutions non médicamenteuses existent bel et bien, la prescription en est en grande partie impossible. Par conséquent, les praticiens s’en servent essentiellement comme conseil associé, tout en sachant qu’il ne sera sans doute pas suivi.

Depuis Gers (32) · 27 octobre

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Solution n° 8263Niveau : État

1) La prévention doit enfin prendre en compte les facteurs alimentaires, comportementaux et environnementaux des maladies chroniques. Cela passe par l’interdiction des phytosanitaires nocifs, le relèvement de la TVA pour tout type de malbouffe (y compris les fast-foods, les barres chocolatées et autres sources de sucres et de graisses), l’interdiction des trottinettes et monoroues électriques (qui sont accidentogènes, mais surtout qui diminuent drastiquement l’activité physique quotidienne) et toute autre mesure visant à améliorer l’hygiène alimentaire et physique.
2) Regagner notre indépendance pharmaceutique ne passera pas uniquement par la création de nouveaux pôles de production (même si cela est nécessaire), mais également par une négociation plus ferme avec l’industrie pharmaceutique et par la lutte contre la mainmise des fonds d’investissement sur tout ce secteur. Nous possédons en France des pôles de recherche comme l’INSERM qui doivent être mieux subventionnés et surtout dont les résultats doivent être protégés contre les requins de la finance en exigeant par exemple une collaboration de type joint venture favorable à la France.
3) Comment peut-on continuer à fermer les yeux sur le fait que les mêmes personnes qui campent sur la gratuité des soins soient bien souvent OK avec le fait de ne recevoir aucun remboursement pour la visite chez le rebouteux, le centre de médecine esthétique, le chiropracteur, le naturopathe, l’achat d’herbes ayurvédiques, et quantité d’autres soins ? Anecdotique ? Pas tant que ça. L’idée que certains ne peuvent plus se soigner pour des raisons financières est également, à mon humble avis, une légende urbaine, car non seulement les maladies chroniques sont prises en charge en grande partie par les ALD, mais les médicaments en vente libre en France sont parmi les moins chers dans le monde.
Mais il est plus facile d’encombrer les urgences et les salles d’attente des généralistes pour un rhume, une fatigue ou une vague douleur après une séance de sport, puis de se présenter à la pharmacie pour prendre un traitement inutile (car 90 % des pathologies de ce type ne nécessitent aucun traitement) que l’on prendra de toute façon pas pour la durée prescrite. J’insiste sur le fait que tout ceci est du vécu !
4) Des travaux sur les prises en charge non médicamenteuses de tout un pan de pathologies existent, mais ne sont que rarement pris en compte, sans doute sous la pression du lobby pharmaceutique. Ainsi, l’efficacité de la pratique du vélo d’appartement sous contrôle professionnel contre les douleurs et la progression de la gonarthrose, équivalente à celle d’injections d’acide hyaluronique, est assez bien établie. Il en va de même pour la pratique de la MBCT (une forme adaptée de la méditation pleine conscience) dans la prévention secondaire de la dépression chronique, à partir du deuxième épisode aigu et avec des résultats équivalents aux antidépresseurs. Dans la littérature scientifique ces études sont bien là mais leur application sur le terrain est quasi inexistante.

Il faut en finir avec le politiquement correct dans ces domaines et appliquer une médecine basée sur les preuves pragmatique tout en luttant contre l’influence permanente des lobbyistes sur la prise de décisions.

Depuis Gers (32) · 27 octobre

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