J’ai écouté attentivement votre dernière prise de parole intitulée « Le courage de la paix contre la folie de la guerre ». Sur le fond je peux vous suivre sur la validité de votre position dans la recherche d’une solution diplomatique d’une part et sur l’importance d’adopter une position souveraine pour la France et l’Europe qui se distingue de celle des USA. En revanche sur la forme j’émets quelques réserves. En effet, face à Vladimir Poutine qui est lancé dans une fuite en avant non pas tant pour reconstituer l’Empire russe démantelé après la chute de l’Union soviétique que pour se maintenir au pouvoir par un régime autoritaire et dictatorial d’une extrême brutalité, il n’est pas indiqué de dévoiler aussi naïvement ses positions. La politique s’apparente parfois à une partie de poker menteur où le bluff tient une place plus importante que le jeu effectif qu’on a dans les mains. Se dévoiler ainsi comme partisan de la paix et prêt à faire des concessions pour y parvenir avant même d’être arrivé aux affaires donne déjà un signe de faiblesse qui sera immédiatement exploité par la partie adverse. Au contraire affirmer que l’on est prêt à se défendre coûte que coûte soi-même ainsi que ses alliés nous donne une position plus favorable pour aborder des négociations face à un adversaire qui n’a plus rien à perdre. Je pense donc que votre prise de parole pourrait être légitime dans le cadre de la campagne présidentielle française à l’intention de vos électeurs, mais si un jour vous vous trouvez en position d’avoir à vous assoir à la table des négociations face à Poutine, elle vous placera en position de faiblesse.
Cahier de doléances · Défense
Problème n° 8762
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