Natacha Polony — Ensemble, bousculons l’entre-soi politique

← Recherche

Cahier de doléances · Recherche

Problème n° 8853

La France forme des docteurs qu’elle ne sait pas lire.

Un doctorat est le plus haut diplôme de la République, huit années d’études et trois à quatre ans de recherche. En Allemagne, en Suisse, au Luxembourg, aux Pays-Bas ou dans les pays nordiques, c’est un titre que lisent les entreprises, les administrations, les banques centrales, les agences d’évaluation des politiques publiques : on y recrute des docteurs parce qu’ils savent mesurer, tester et conclure. En France, ce titre n’ouvre presque aucune porte hors de l’université. Les entreprises préfèrent le diplôme d’école, lisible par le rang de sortie ; les administrations recrutent par concours conçus pour d’autres parcours ; les postes d’évaluation des politiques publiques sont tenus par les corps d’inspection, formés dans les écoles qui ont conçu ces politiques. Le docteur, lui, n’entre dans aucune grille.

La conséquence est mécanique. Les docteurs que nous formons partent là où leur titre est lu, et le pays qui a payé leur formation en perd le rendement ; ceux qui restent se reconvertissent en dessous de leurs compétences ou survivent de contrats courts. Pendant ce temps, l’État qui dit vouloir évaluer ses politiques, mesurer ses résultats et réformer sur des preuves se prive précisément des gens formés à le faire.

Je suis personnellement docteur en économie. J’ai fait ma thèse à l’étranger faute de contrat doctoral à Paris, et je m’apprête à travailler en Suisse faute d’un poste en France où mon diplôme compte. Je ne suis pas un cas isolé, c’est le parcours ordinaire d’une génération de docteurs français, et je suis surpris que peu en parlent et surtout MESURENT l’ampleur du phénomène.

Le problème n’est donc pas seulement selon moi de financer la recherche ou de payer les chercheurs, comme le disent justement d’autres doléances de ce cahier. C’est qu’un pays obsédé par les grilles n’a pas de grille pour reconnaître ses éléments les plus formés, et qu’il les exporte.

Depuis Seine-et-Marne (77) · 31 octobre

Aucune solution pour l’instant

Proposer une solution à ce problème

Les solutions sont écrites par les inscrits, puis relues avant publication.

Je propose une solution

Partager cette page

Le lien s’ouvre sans compte et affiche son image sur les réseaux.

Faire un don Je souhaite rejoindre

Rejoindre le mouvement

Je souhaite rejoindre

L’inscription est gratuite, et le don facultatif. Laissez votre adresse : vous recevrez votre invitation par courriel.

Protection de vos données. Les deux champs sont obligatoires. Natacha Polony traite ces informations, ainsi que la source de votre visite, sur la base de votre consentement, uniquement pour vous tenir informé de ses prochaines étapes et mesurer la provenance des participations. Votre inscription est enregistrée dès l’envoi du formulaire. Vous pouvez retirer votre consentement et exercer vos droits à tout moment. En savoir plus sur vos droits et l’utilisation de vos données.

Déjà inscrit ? Connectez-vous.