DÉFENSE 1
Ni la France ni l’Europe ne semblent aujourd’hui véritablement préparées à faire face à un conflit de grande ampleur en cas d’invasion. S’agissant de la Russie, la guerre hybride n’est pas une perspective future mais une réalité déjà engagée depuis plusieurs années. Quant aux solutions diplomatiques, on est bien obligé de constater qu’elles demeurent actuellement inefficaces quand il s’agit de résoudre les conflits dans le monde. Comment ignorer, par ailleurs, la volonté clairement exprimée par les Ukrainiens de préserver leur indépendance et leur souveraineté ? La question dépasse d’ailleurs le seul cadre de l’Ukraine et concerne plus largement les États issus de l’ex-URSS confrontés aux ambitions de Moscou. Sommes-nous prêts à reproduire les erreurs du passé en demeurant spectateurs face aux ambitions révisionnistes d’un dictateur déterminé à restaurer l’influence de l’ancien empire russe ? Qui peut affirmer avec certitude où s’arrêterait cette dynamique de conquête ? Et sommes-nous prêts à assumer les conséquences d’une réaction trop tardive face à une éventuelle agression contre l’Union européenne ? Ces questions renvoient également aux limites actuelles de la construction européenne. L’Union européenne demeure avant tout un marché intégré plutôt qu’une véritable puissance politique, et il n’existe toujours pas de politique de défense européenne pleinement intégrée. Dans ces conditions, l’Europe peut-elle réellement assurer seule sa sécurité et sa défense sans l’appui des États-Unis ? Les réponses à ces interrogations sont à mon avis complexes et ne peuvent se résumer à des positions manichéennes. Elles méritent un débat lucide, fondé à la fois sur les réalités géopolitiques, les capacités militaires européennes et les aspirations des peuples concernés.
Cahier de doléances · Défense
Problème n° 9092
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