DÉFENSE 2
L’Europe unie pourtant si nécessaire en matière de défense ne semble pas être pour l’instant un succès… Il n’y a qu’à voir ce que sont devenus les projets franco-allemands (SCAF et MGCS). L’Allemagne cherche à réarmer son industrie et des entreprises comme Dassault Aviation l’ont bien compris en protégeant leur savoir-faire. Il faut surtout que nos gouvernants défendent nos entreprises à l’export de façon beaucoup plus efficace. La France dispose historiquement d’une longueur d’avance dans plusieurs domaines de la défense — héritage de la politique d’indépendance stratégique voulue par le général de Gaulle. Elle a développé une véritable filière industrielle, fondée sur des compétences, des technologies et un savoir-faire reconnu. Or, cette avance est aujourd’hui menacée et nous risquons progressivement de perdre ce que nous avons mis des décennies à construire. Je ne comprends pas pourquoi la France, seule puissance nucléaire dans l’UE, ne pèse pas plus pour les questions de défense notamment pour défendre la filière française. On se demande quelle est la contrepartie de la dissuasion nucléaire « parapluie nucléaire » dont font pourtant partie 10 pays dont l’Allemagne, le Danemark, la Suède et la Finlande… pays qui s’opposent par ailleurs à la volonté française de renforcer le « Made in Europe » en adoptant une approche plus ouverte leur permettant de conserver des partenariats industriels et commerciaux avec des pays extérieurs à l’UE, notamment le Royaume-Uni, le Canada et les États-Unis… Il y a là une contradiction qui mérite d’être clairement posée : peut-on véritablement construire une défense européenne commune sans solidarité industrielle, sans réciprocité et sans défense des intérêts stratégiques de chacun de ses membres ?
Cahier de doléances · Défense
Problème n° 9094
1 solution proposée
La France, seule puissance nucléaire de l’Union européenne et deuxième contributeur au budget européen, doit mieux faire valoir ses intérêts stratégiques et industriels au sein de l’UE. Si certains partenaires européens, notamment l’Allemagne et le Danemark, souhaitent bénéficier du parapluie nucléaire français, il est légitime que Paris exige en retour un engagement accru en faveur de l’industrie européenne de défense plutôt que la poursuite d’achats massifs d’équipements américains.
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