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Cahier de doléances · Économie

Problème n° 11

Toute société a besoin d’une monnaie pour fonctionner en permettant les échanges. Or à l’école on n’enseigne jamais la très riche histoire des monnaies qui ont façonné l’humanité. On fait comme s’il n’existait que la monnaie-dette des banques. Sur ce sujet nos cerveaux sont lobotomisés.
Même les monnaies locales secondaires ont été soumises aux diktats de la BCE, puisqu’elles sont cautionnées par l’Euro.
Une monnaie secondaire nationale indépendante de l’Euro est nécessaire pour recréer un marché intérieur. L’Euro reste utile pour le commerce extérieur.
Bref, il faut enseigner l’histoire des monnaies afin que le peuple comprenne comment il est manipulé.
La dette n’est pas une question de gestion de budget comme on nous le fait croire. C’est un problème de conception d’une monnaie conçue pour s’accumuler et acquérir le pouvoir. Il vous faudra donc du courage pour affronter les puissances de l’argent. J’ai fait une proposition à ce sujet avec les références de 4 économistes renommés. Ma préférence va vers la solution la plus simple car elle évite l’écueil de la BCE, c’est la solution de Monnaie de Bien Commun de Philippe Derudder.

Depuis Gironde (33) · 30 septembre

2 solutions proposées

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Solution n° 9Niveau : État

L’argent manque car l’État est surendetté, du fait que l’État emprunte aux banquiers et doit donc payer des intérêts (service de la dette). L’État n’est plus souverain. Il est soumis. Esclave d’un système financier qui date de plus de 400 ans, quand fut créée la monnaie bancaire, à une époque où n’existait aucun service public.

Tant qu’on était en période de croissance, l’État, via la fiscalité, pouvait assurer tous les besoins du Bien Commun. Aujourd’hui, ce n’est plus possible. Et nos dirigeants n’ont rien trouvé de mieux que de revendre au privé toutes les activités qu’il ne pouvait plus payer (santé, éducation, énergie, autoroutes…).

Le pire scénario permis par l’argent-dette :
- L’État emprunte et donc endette son peuple.
- L’État verse des subventions à de grosses entreprises sous condition d’utilisation vertueuse.
- Les entreprises ne respectent pas les conditions et utilisent l’argent à l’international.
- L’État ne peut rien faire car la monnaie commerciale n’a pas d’odeur. On ne peut la suivre à la trace. Tout est permis en matière de manœuvres financières.

Il faut disposer de deux monnaies indépendantes :
- L’€ pour le commerce.
- La Monnaie de Bien Commun pour tous les besoins nationaux que nous pouvons résoudre en interne.

Des subventions versées en Monnaie de Bien Commun ne pourraient servir que sur le territoire et échapperaient aux manœuvres orchestrées par des banksters.

Une France qui se veut égalitaire ne peut atteindre cet objectif avec une monnaie créée pour le profit !

Des réflexions sur ce sujet :
- https://lhed.fr/action-politique
- https://www.yvesmichel.org/economie/1595-une-monnaie-au-service-du-bien-commun-9782364290983.html
- https://www.veblen-institute.org/
- https://debunkonomy.org/livre/
- https://institut-rousseau.fr/publications/transformons-la-monnaie-transition-ecologique

Quelques auteurs : #Jézabel Couppey-Soubeyran, #Philippe Derudder, #Nicolas Dufrêne, #Jean-Christophe Duval, #Gaël Giraud

Depuis Gironde (33) · 30 septembre
Solution n° 367Niveau : État

VERS UNE MONNAIE DE BIEN COMMUN
POUR UNE SOUVERAINETÉ RETROUVÉE ET UN AVENIR DURABLE
Philippe Derudder

Quel que soit le bord politique, les programmes proposés reposent sur les mêmes fondations fragiles : un système monétaire contraint par la dette dans une conjoncture économique en crise.

À toute demande d’action, on nous répond : « Il n’y a pas assez d’argent. »

Actuellement, c’est l’argent disponible qui conditionne tout projet. Nous proposons que ce soit le projet jugé réalisable et utile qui autorise la création de la monnaie nécessaire. Cela devient possible avec la création d’une Monnaie de Bien Commun !

Un projet de société

Il ne s’agit ni de supprimer l’euro, ni d’abolir l’économie de marché, ni d’imaginer une société où tout serait gratuit. L’euro garderait toutes ses fonctions actuelles : épargne, investissement, échanges internationaux, économie marchande. À côté du circuit euro serait un deuxième circuit, celui d’une Monnaie de Bien Commun, MBC, créée sans dette par un organisme public sous contrôle citoyen, en contrepartie de projets validés démocratiquement. Ce terme est compris dans son sens étymologique (démos kratos), donc une démocratie participative où le peuple est pleinement impliqué. C’est donc en premier une question politique, pas monétaire. Nous parlons d’une initiative de société qui devrait faire l’objet d’un débat démocratique permanent, organisé selon un principe de subsidiarité : ce qui peut être décidé localement le serait localement, le reste remontant au niveau régional ou national. Vous l’aurez compris, elle n’est pas à confondre avec les monnaies locales complémentaires qui sont dépendantes d’un équivalent en euros. Nous parlons ici d’un second circuit monétaire indépendant où la monnaie est créée sur un autre modèle que celui de l’euro.

Des conditions de réalisation

Limitée à cette présentation succincte, la MBC peut paraître utopiste, d’autant plus qu’elle s’écarte radicalement de ce qui est connu. Il est évident que certaines conditions doivent être observées pour rendre l’initiative réalisable. Sans entrer dans le détail, en voici l’énumération :
- Ce serait une monnaie de politique strictement intérieure.
- Ce serait une monnaie de circulation n’ayant pas vocation à l’accumulation ou à la spéculation.
- Elle devrait avoir pouvoir légal.
- Elle serait à parité de valeur avec l’euro, mais ne serait pas convertible.
- Elle serait fléchée vers des biens et services répondant à des critères sociaux et environnementaux définis collectivement, via un système de labellisation.
- Son introduction serait progressive.
- Elle circulerait dans l’ensemble de la société, pas uniquement dans la sphère de l’économie du Bien Commun.

Les règlements se feraient au prorata des soldes dans chaque monnaie pour réguler au mieux leur circulation.
Elle serait détruite par la fiscalité pour éviter son accumulation.

Pourquoi cela change la donne électorale

Revenons à notre point de départ. En période électorale, on nous demande de choisir entre des visions, des priorités, des sensibilités. C’est utile et nécessaire. Mais aucun parti, de quelque bord qu’il soit, ne propose aujourd’hui de sortir du cadre monétaire qui rend toutes ses promesses aussi fragiles qu’un château de cartes posé sur des taux d’intérêt et une conjoncture internationale imprévisible. Qu’on promette plus de social ou plus de rigueur, plus d’État ou moins d’impôts, la contrainte reste la même : trouver l’argent dans une enveloppe qui dépend de facteurs échappant largement au contrôle démocratique.

Face à l’ampleur des défis climatiques, sociaux et humanitaires qui s’accumulent, une question mérite d’émerger dans le débat public, au-delà des clivages habituels : notre modèle monétaire et financier est-il encore adapté à l’époque que nous vivons ? La Monnaie de Bien Commun n’apporte pas de réponse définitive, et ses concepteurs ne prétendent pas dessiner une société idéale.

Mais elle ouvre une piste concrète, documentée, discutable — et c’est bien là l’essentiel. Elle invite à se demander de quoi nous avons réellement besoin pour bien vivre, sans que cette question soit immédiatement étouffée par celle du financement. Elle propose de cesser d’opposer intérêt particulier et intérêt collectif pour les faire se soutenir mutuellement. À l’heure où le développement de l’intelligence artificielle et de l’automatisation menace de rendre superflue une part croissante du travail marchand, elle offre même une perspective inattendue : rediriger l’énergie humaine libérée vers tout ce qui, dans nos sociétés, mérite réellement d’être fait.

Ne rien changer est aussi un choix — et sans doute le plus risqué de tous à l’heure actuelle. Avant de se demander pour qui voter, peut-être devrions-nous collectivement exiger que soit enfin posée, dans le débat public, la question de savoir avec quel système monétaire nous comptons affronter les défis du siècle.

Depuis Gironde (33) · 4 octobre

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