Les Français, aujourd’hui, ne se sentent pas écoutés par leurs élus. Ils en ont assez que des décisions soient prises à leur place sans que les sujets aient fait partie de la campagne législative, par exemple.
Cahier de doléances · Démocratie
Problème n° 115
3 solutions proposées
Votez pour celle qui vous semble la meilleure : une voix par personne, que vous pouvez déplacer.
Pourrions-nous envisager d’impliquer les électeurs sur nombre de sujets les concernant au premier plan : appeler à des référendums régulièrement et inciter les gens à aller voter par des moyens indirects : coût moins cher de la cantine des enfants ou autres mesures que je vous laisse imaginer… !
Il faudrait aussi que les politiques arrêtent de dire aux Français ce que les Français pensent. On est bien capable de savoir ce qu’on pense, et cela ne leur donne aucune légitimité. Il ne suffit pas de nous répéter les choses pour nous convaincre, et leurs discours sont creux. Je suis très favorable à l’organisation des référendums que j’ai lue.
Nous pourrions changer très concrètement la manière dont fonctionne la démocratie locale : au lieu de laisser l’élu décider seul des projets qu’il souhaite porter, nous pourrions partir des besoins exprimés par le territoire.
Chaque citoyen, association, entreprise ou acteur local pourrait déposer une demande auprès de sa commune, directement ou sur un portail numérique. Chaque demande serait enregistrée, recevrait un identifiant et devrait obligatoirement être instruite.
Surtout, l’élu aurait l’obligation de présenter toutes les demandes. Il ne serait pas le juge préalable de ce qui lui paraît pertinent, raisonnable, prioritaire ou, au contraire, inutile ou absurde. Il pourrait donner son avis, mais il ne pourrait empêcher une demande d’être examinée parce qu’il ne la partage pas. Son mandat lui donne le devoir de représenter les citoyens, pas le droit de sélectionner ceux de leurs besoins qu’il accepte de représenter.
Ses propres propositions seraient soumises exactement à la même procédure. Une idée du maire n’aurait pas davantage de valeur, ni davantage de chances d’aboutir, simplement parce qu’elle vient du maire. Elle devrait elle aussi démontrer qu’elle répond à un besoin réel, qu’elle est faisable, que son coût est justifié et que ses résultats attendus sont suffisants.
Les services compétents examineraient chaque demande : réalité du besoin, solutions possibles, coût, faisabilité et résultats attendus. L’autorité compétente pourrait ensuite accepter le projet, le reporter ou le refuser. Mais aucune demande ne pourrait disparaître silencieusement. Toute décision devrait être motivée et accessible à celui qui l’a formulée.
Je vois donc l’élu local davantage comme l’avocat de sa commune que comme son dirigeant. Il écouterait les besoins, les ferait instruire, les présenterait et les défendrait devant l’autorité appelée à arbitrer. Il conserverait évidemment ses convictions et son pouvoir de décision lorsque celui-ci lui appartient, mais il ne serait pas maître de ce qui mérite d’être discuté.
Cette méthode permettrait aussi d’inverser la construction des budgets. Au lieu de partir d’une enveloppe disponible puis de chercher comment la répartir, nous partirions des besoins exprimés, ferions instruire les projets permettant d’y répondre, les hiérarchiserions, puis déterminerions les financements nécessaires.
Le besoin précéderait le projet. Le projet précéderait le budget.
Les arbitrages devraient être transparents. Les habitants pourraient connaître les projets acceptés, ceux qui sont reportés, ceux qui sont refusés et les raisons de chaque choix. Dire oui à un projet signifie souvent dire « pas encore » à un autre. L’élu devrait rendre compte des deux.
Chaque euro dépensé pourrait ensuite être suivi : quelle demande a fait apparaître le besoin, quelle solution a été retenue, quels crédits ont été votés, combien a réellement été dépensé et quels résultats ont été obtenus. Inversement, toute dépense publique devrait pouvoir être rattachée à un projet, tout projet à un besoin et tout besoin à une demande identifiée.
Enfin, les résultats devraient être évalués. Une politique qui ne produit pas l’effet attendu ne devrait pas être reconduite simplement parce qu’elle existe depuis longtemps.
Cette organisation donnerait aux citoyens une place pendant toute la durée du mandat. Ils ne se contenteraient plus de choisir un représentant tous les six ans : ils pourraient faire émerger les besoins de leur territoire, suivre leur instruction et comprendre les décisions prises.
Elle permettrait aussi de rompre avec une conception clientéliste du mandat, dans laquelle l’élu peut être tenté de sélectionner les projets qui consolident sa majorité, préparent sa réélection ou satisfont son camp politique. Son rôle ne serait plus de choisir ce qui sert le mieux sa carrière ou sa famille politique, mais de représenter sans distinction tous les besoins de son territoire.
L’élu ne choisirait plus quelles demandes méritent d’être entendues. Il aurait le devoir de toutes les porter. Ses propres propositions seraient soumises aux mêmes règles que celles des citoyens.
On n’est pas élu pour préparer sa réélection ni pour obtenir l’approbation de son parti. On est élu pour servir le territoire réel.
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