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Cahier de doléances · Agriculture

Problème n° 1169

En matière d’agriculture, l’on est confronté à des problèmes multiples, au premier rang desquels figure celui de la souveraineté alimentaire. Si l’on définit cette notion comme la capacité d’un pays à produire sur son sol les denrées nécessaires à nourrir sa population, il faut admettre que l’agriculture en France n’en est plus capable. Ce constat a un impact double : pour les producteurs et pour les consommateurs.

Côté producteurs. Les paysans sont de moins en moins nombreux et ceux qui sont encore là sont confrontés à une concurrence déloyale en provenance de l’étranger (normes sociales et environnementales, accords de libre-échange…). Ces deux phénomènes, en s’auto-alimentant, créent un véritable cercle vicieux.

Côté consommateurs. La baisse du pouvoir d’achat pousse naturellement à rechercher les prix les plus bas. Conséquence : les producteurs étrangers sont favorisés face aux producteurs français, ce qui fragilise davantage ces derniers. Ce phénomène est encouragé par la grande distribution qui, sous couvert de défense du pouvoir d’achat, étrangle les producteurs nationaux et fait massivement appel aux importations.

Au final, nos producteurs ne peuvent pas lutter contre la concurrence étrangère. Les consommateurs n’ont d’autre choix, par manque de moyens, que d’acheter « pas cher » des produits dont certains posent de réelles questions en termes de qualité, les condamnant à la malbouffe.

Dans ces conditions, comment faire en sorte que les producteurs puissent vivre de leur travail tout en permettant aux consommateurs d’accéder à des denrées de qualité à un prix abordable ?

Depuis Haute-Garonne (31) · 5 octobre

1 solution proposée

Solution n° 1170Niveau : État

Solution à deux niveaux :

D’abord, il convient d’établir une forme de protectionnisme (droits de douane pour les importations, préférence nationale dans la commande publique…).

Ensuite, il faut libéraliser l’offre en favorisant la production locale. Comment ? La plupart des exploitations sont de petite taille et n’emploient que peu d’ouvriers agricoles (dans la majeure partie des cas, l’exploitant travaille seul).

Pour des raisons d’abord sanitaires, la proposition qui va suivre ne peut, dans un premier temps, que concerner la filière fruits et légumes, pour laquelle les précautions à prendre en termes de conservation des produits sont beaucoup moins lourdes que pour l’élevage.

« Libéraliser » pourrait consister à autoriser tout maraîcher ou producteur de fruits à vendre en direct une part de sa production, en l’exonérant de charges sociales et d’impôts jusqu’à un certain seuil de chiffre d’affaires qui reste à déterminer (mais que l’on pourrait situer à 20 000 €/an).

Inconvénients : baisse des recettes fiscales et sociales.

Avantages : encouragement à produire en garantissant un meilleur revenu, application du prix juste, rééquilibrage de la concurrence, « desserrement » de l’étau de la grande distribution, promotion des circuits courts…

Il serait même possible d’imaginer étendre ce dispositif à tous les particuliers disposant d’une possibilité de production, comme un jardin potager, par exemple, ou un verger domestique. Une variante agricole de l’auto-entrepreneuriat, mais très simplifiée, car sans aucune formalité administrative autre que celle de déclarer les revenus générés par ce canal.

Depuis Haute-Garonne (31) · 5 octobre

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