Aujourd'hui, en France, il faut être courageux pour créer ou reprendre une entreprise, voire inconscient au regard de la politique actuelle. Je l'ai fait deux fois. J'ai créé mon entreprise à l'âge de 25 ans et, après 7 ans d'activité, j'ai dû me résigner, la guerre du Golfe ayant eu un impact sur mon carnet de commandes. J'ai remis le couvert en reprenant un commerce avec mon épouse juste avant une nouvelle crise, en 2008 (décidément, le chat noir). Mais avec un peu plus d'expérience et de réussite, j'ai pu le revendre 12 ans après. Le problème en France, c'est que la politique économique est trop instable et que les changements incessants de politique ne nous permettent pas une vision à long terme. Nous, les très petites PME, nous n'avons pas de grosse trésorerie à cause de charges trop lourdes. Le travail ne paie pas en France.
Le pouvoir d'achat est évidemment une préoccupation du quotidien. Mais ce que je n'apprécie pas, c'est d'entendre que je suis un retraité privilégié et que je dois faire un effort sur ma pension en acceptant de subir une perte significative de mes revenus. Pour information, j'ai commencé à travailler à l'âge de 18 ans : carrière longue. J'ai toujours travaillé au-delà de 35 heures, même en tant que salarié. 7 jours sur 7, en me levant à 4 h 30 du matin sans avoir de vie de famille, et cela pendant 12 ans, et 7 ans en ne comptant pas mes heures pour mon entreprise de menuiserie. Je crois que j'ai bien contribué à l'effort économique de la France. D'ailleurs, maintenant, j'ai honte de me présenter comme Français quand il m'arrive, de très rares fois, d'aller à l'étranger. Petite anecdote : en mai dernier, un jeune Français travaillant en Norvège m'a dit avec un petit sourire qu'il voyait où passait l'argent du contribuable norvégien au quotidien.