Pour moi, l’Union européenne a progressivement perdu le sens qu’elle avait à sa création. À l’origine, elle portait un projet profondément politique : rapprocher les peuples européens, garantir la paix, favoriser la coopération et permettre à des nations différentes de construire ensemble un avenir commun.
Aujourd’hui, j’ai parfois le sentiment que cette dimension s’est éloignée des peuples. L’Union européenne est devenue beaucoup trop technocratique. Ses décisions et ses règles donnent parfois le sentiment d’être imposées d’en haut, sans suffisamment tenir compte des réalités, de l’histoire, des cultures et surtout des spécificités économiques de chacun des États qui la composent.
À mes yeux, une Union européenne forte ne devrait pas signifier une Europe qui uniformise tout. Elle devrait au contraire être capable de rassembler des pays différents autour d’intérêts communs, tout en respectant leurs particularités et leur capacité à défendre leurs propres intérêts.
La France devrait pouvoir tirer pleinement parti de sa situation, de ses atouts industriels et de son modèle énergétique, plutôt que de se retrouver contrainte par des mécanismes européens qui peuvent parfois fragiliser sa compétitivité et son économie — notamment lorsqu’il s’agit de la construction du prix de l’électricité.
Je ne suis pas opposé à l’idée européenne. Au contraire, je pense qu’une Europe forte, indépendante, protectrice et réellement au service de ses peuples aurait tout son sens. Mais pour cela, elle doit retrouver un lien avec les citoyens et redevenir un projet porté par les nations européennes, plutôt qu’un système technocratique qui donne parfois le sentiment de fonctionner loin d’eux.