➡️ Les lycéens demandent des #profs ? Ils ont raison. Mais qui a cassé le métier ? Qui l'a smicardisé pour qu'il n'attire plus personne ? Qui a abaissé cette belle fonction d'enseignant en baissant les exigences pour mentir aux élèves ? En ne soutenant pas pendant des années les collègues face à la violence, aux menaces venues de toutes parts ? Qui a quasi supprimé le vivier de professeurs remplaçants parce que cela « coûtait trop cher » ? Qui recrute à tour de bras des personnels non formés pour boucher les trous, notamment dans les classes à examen ? Qui se bouche les yeux et les oreilles face aux syndicats qui font remonter les souffrances physiques et psychologiques des agents de l'EN ? Qui gèle systématiquement leurs salaires tout en les assurant (en paroles) de leur considération (factice) ? C'est l'État qui a fait de l'École (contrairement à son discours public) une non-priorité.
➡️ Les lycéens demandent un bâti scolaire décent ? Que n'ont-ils raison ! Il faut avoir passé son temps à déambuler dans de nombreux établissements scolaires pour se rendre compte de la façon dont certaines collectivités territoriales n'en ont pas fait une priorité... En même temps, est-ce que toutes disposent des ressources suffisantes pour ces chantiers colossaux, l'État ayant abandonné ces compétences depuis longtemps... ?
➡️ Les lycéens ont peur de l'avenir ? Mais ont-ils tort ? L'urgence climatique, les pandémies, le bruit des guerres environnantes, mais aussi (pour rester dans le domaine de l'éducation et de la formation) l'angoisse de Parcoursup, la peur de ne pas trouver d'emploi...
🤔 La vérité, c'est qu'ils comprennent que la société les considère comme quantité négligeable, que l'école n'est plus celle de leurs parents, certes imparfaite, qui pouvait laisser espérer une promotion sociale par un travail et une assiduité régulière. Celle qui a permis à un fils d'ouvrier de devenir enseignant, jadis une fierté pour lui, ses parents, ses grands-parents... Eh oui !
🤔 Regardons-nous en face. Sommes-nous capables de garantir à nos enfants ce dont nous avons profité ? NON.
↪️ Alors, j'en ai marre de ceux qui prennent TOUS ces jeunes pour des guignols sans cervelle, incapables d'aligner trois mots et une subordonnée relative. C'est vraiment trop facile. Oui, parfois, c'est le cas. Oui, le niveau a baissé, oui, on a abaissé les exigences et on n'a pas corrigé le tir depuis des années. Oui, il y a dans ces cortèges des gens infiltrés pour pousser leurs idées politiques ou simplement pour libérer leurs pulsions (criminelles) de destruction. Mais pourquoi cette situation aujourd'hui ?
➡️ C'est souvent à cause de nous. Nous qui avons laissé détruire petit à petit le service public et l'école républicaine.
Alors, que faire ?
🔜 Court terme : rétablir le dialogue et la sécurité de tous. Respecter et écouter les jeunes. Mais ne pas tolérer les violences, mettre à l'écart les politiques qui veulent se servir de la colère légitime de notre jeunesse. C'est difficile, mais c'est primordial.
➡️ Long terme :
Cesser de considérer l'École comme une dépense, mais bien comme un investissement.
Repenser l'École dès la base (car c'est là que tout se joue, notamment le CP, le CE1) et écouter les professionnels de terrain. Des méthodes qui fonctionnent à l'école et au collège, repenser les filières au lycée et après.
Refaire du métier d'enseignant un métier respecté et attirant. Voire inspirant (on peut rêver ?).
🤔 Le rôle des syndicats de l'Éducation nationale là-dedans ? C'est là une question qui n'est pas accessoire. Soutenir, accompagner, dénigrer, moquer, ignorer... ?
Je vois cela dans l'expression actuelle, très diverse, des organisations syndicales actuelles. Je ne suis pas certain que le rôle des syndicats de #profs soit de se mêler de ce mouvement. Je suis tout aussi certain que l'ignorer, voire le mépriser, constituerait une lourde erreur.
➡️ Chacun, à sa place, doit prendre la mesure de la situation actuelle et agir, à son niveau, pour rétablir le calme et sortir par le haut, c'est-à-dire par la réflexion et non les postures et les ambitions personnelles et collectives, d'une situation potentiellement propice à des drames dans les jours qui viennent.