Revaloriser la rémunération de base, avec une première étape pour tous les enseignants du primaire
1. Définir précisément les bénéficiaires
Première étape : enseignants du premier degré public et privé sous contrat rémunérés par l’État, titulaires, assimilés et contractuels. Temps partiel : application des règles de rémunération correspondant à la quotité travaillée.
Logement, primes territoriales, tutorats et heures de soutien relèvent des autres fiches, sans double comptage.
2. Augmenter le salaire de base de 300 € bruts mensuels
Objectif proposé à temps plein : +150 € bruts mensuels en janvier 2028, puis +150 € supplémentaires en janvier 2029, soit +3 600 € bruts par an à plein régime. Ces montants s’ajouteraient aux avancements ordinaires de carrière.
Intégrer la hausse dans le traitement indiciaire des titulaires et dans la rémunération de base des autres statuts, avec les adaptations juridiques nécessaires. Les effets sur les droits à la retraite seraient chiffrés.
Aucune heure supplémentaire, mission nouvelle ou note obtenue par les élèves ne conditionnerait cette hausse. Les rémunérations particulières de direction, d’éducation prioritaire ou de fonctions spécialisées seraient conservées.
Publier avant le vote des exemples de paie par statut et ancienneté, distinguant clairement brut et net.
3. Rendre les carrières prévisibles
Publier pour chaque corps une trajectoire de rémunération à cinq et dix ans, avec et sans changement de grade, en distinguant salaire de base, indemnités et activités supplémentaires.
Examiner tous les deux ans l’évolution du pouvoir d’achat à situation professionnelle comparable : la progression moyenne liée aux promotions ou aux départs en retraite ne doit pas masquer celle des grilles.
Pour le second degré, établir en 2027 un diagnostic distinct par corps et ancienneté, puis soumettre un calendrier de revalorisation chiffré. Aucune extension ne serait présentée comme déjà financée par le budget du primaire.
4. Chiffrer sans confondre salaire et coût public
Scénario de travail : 350 000 équivalents temps plein bénéficiaires. Hypothèse à remplacer avant le vote par les effectifs exacts par statut.
Calcul annuel : 350 000 × 300 € × 12 = 1,26 milliard d’euros de rémunération brute supplémentaire.
Pour préparer le budget, retenir provisoirement un coefficient de coût employeur de 2, incluant cotisations et contributions de retraite : environ 2,52 milliards d’euros par an à plein régime, et 1,26 milliard pour la première tranche de 150 €. Ce coefficient est une hypothèse de provisionnement, pas un taux légal uniforme. Les charges diffèrent entre fonctionnaires, contractuels et privé sous contrat.
Le ministère publierait le calcul définitif par statut, les coûts de mise en œuvre et les effets sur les pensions futures. Chiffrage aux conditions de 2026, à actualiser avant adoption.
Présenter séparément le coût pour le budget de l’Éducation et l’impact sur l’ensemble des finances publiques : les transferts internes vers les pensions de l’État ne constituent pas une dépense supplémentaire de même montant pour les administrations publiques réunies.
5. Financer une dépense durable par des ressources durables
Inscrire les deux tranches dans une programmation pluriannuelle, puis les crédits dans chaque loi de finances.
Affecter à ce financement les économies administratives récurrentes réellement constatées, nettes des coûts de réorganisation. Les gains de temps sans baisse de dépenses ne seraient pas comptés comme des économies budgétaires.
Le besoin restant ferait l’objet d’un arbitrage explicite du Parlement : redéploiement de dépenses récurrentes ou recettes pérennes identifiées. Sans cet arbitrage, la proposition n’est pas intégralement financée. Les collectivités n’auraient pas à compenser la rémunération nationale des enseignants.
6. Attribuer les responsabilités et suivre les résultats
Au centre : Éducation nationale, Budget et Fonction publique préparent les grilles et le chiffrage ; le Parlement vote les crédits.
Au niveau académique : les rectorats appliquent les barèmes, contrôlent les paies et traitent les anomalies. Les services départementaux assurent l’information de proximité et le suivi des situations du premier degré selon leur organisation.
Localement : les directions facilitent l’accès à l’information. Elles ne négocient pas les salaires individuels. Régions, départements et communes n’ont pas de charge salariale nouvelle au titre de cette mesure.
Suivi annuel public : salaires à ancienneté et temps de travail comparables, candidats présents par poste, postes pourvus et départs volontaires. Tenir compte du marché du travail et de l’évolution des concours pour analyser ces résultats.
Bénéfices recherchés : pouvoir d’achat accru, meilleure reconnaissance du primaire et fidélisation. L’évaluation servirait à ajuster les étapes suivantes, sans reprendre les hausses accordées.