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Cahier de doléances · Éducation

Problème n° 1558

Des enseignants au bon endroit, avec des équipes qui peuvent durer

Le recrutement enseignant s’améliore, mais les résultats nationaux ne suffisent pas à garantir une équipe complète et stable dans chaque établissement.

Selon le ministère, 98,5 % des postes du concours externe de professeur des écoles sont pourvus en 2026, contre 92,1 % en 2025. Cette progression accompagne une session exceptionnelle réunissant les nouvelles voies à bac+3 et les voies transitoires à bac+5. Elle doit être confirmée dans la durée. Dans l’enseignement professionnel, seuls 85,7 % des postes du concours externe de professeur de lycée professionnel sont pourvus en 2026.

Réussir un concours et disposer immédiatement d’un enseignant formé devant chaque classe sont deux réalités différentes. Il faut aussi faire correspondre les recrutements aux disciplines et aux territoires, puis permettre aux enseignants de s’y installer.

La stabilité mérite également un suivi précis : selon la DEPP, 17 % des enseignants fonctionnaires du premier degré public ont changé d’établissement à la rentrée 2025. Ce chiffre inclut les mutations souhaitées et ne mesure donc pas, à lui seul, une instabilité subie.

Le défi consiste à identifier les postes durablement vacants et les équipes dont le renouvellement répété fragilise le suivi des élèves. Une politique d’affectation doit tenir compte du logement, des déplacements et de la vie familiale, tout en préservant les droits à la mobilité.

L’objectif est double : rendre les postes difficiles à pourvoir plus accessibles et permettre aux enseignants qui le souhaitent d’y construire une carrière durable.

Depuis Yvelines (78) · 6 octobre

1 solution proposée

Solution n° 1559Niveau : État

Pourvoir les postes difficiles à recruter et stabiliser les équipes

1. Cibler les besoins réels

Expérimenter dans les écoles, collèges et lycées publics, y compris professionnels et ultramarins. Sélectionner les sites et disciplines à partir de deux années de données : postes financés durablement vacants, difficultés de recrutement et départs répétés. Le logement doit être un obstacle effectivement constaté. Publier les critères et les résultats agrégés.

Titulaires et contractuels remplissant les qualifications requises seraient éligibles. Les aides au logement seraient accessibles aux nouveaux arrivants comme aux personnels déjà en poste, selon leurs ressources et leurs charges.

2. Rendre les affectations prévisibles

Publier dès le printemps les postes connus, leur localisation, les éventuels services partagés et les aides accessibles. Objectif : notifier avant le 15 juillet 90 % des affectations sur ces postes, hors résultats tardifs de concours et vacances imprévues.

Proposer aux volontaires une perspective de trois ans sur le même poste, sous réserve de la carte scolaire. Préserver les priorités légales de mutation et les situations familiales ou médicales. Pour les contractuels sur un besoin durable, proposer une durée de contrat adaptée dans le cadre légal, avec décision anticipée sur le renouvellement.

Un interlocuteur RH identifié traiterait l’affectation et l’installation. Les directions organiseraient l’accueil et signaleraient les obstacles concrets.

3. Sécuriser l’installation et le logement

Rassembler les aides existantes dans un dossier unique et les compléter :

* Jusqu’à 3 000 € pour les dépenses réelles d’installation, sur justificatifs, aides existantes déduites. Une avance éviterait de devoir financer seul le déménagement.
* Jusqu’à 200 € par mois pendant 36 mois pour le logement, selon les ressources et le coût restant après les autres aides.
* Mobilisation des logements réservés aux agents publics et conventions avec des bailleurs pour faciliter l’accès à une offre disponible, dans le respect des règles d’attribution.

Les aides mensuelles cesseraient à la sortie du dispositif. Les aides déjà régulièrement perçues ne seraient pas récupérées pour une mutation. Les conditions seraient garanties pour la durée annoncée, même si le site sort ensuite de la liste prioritaire.

4. Tester avant de généraliser

Lancer à la rentrée 2027 une expérimentation pour 5 000 bénéficiaires dans des territoires variés. Faire un bilan après un an, puis évaluer après trois ans les postes pourvus et la stabilité des équipes. Une extension pourrait ensuite accueillir 10 000 nouveaux bénéficiaires par an, soit au maximum 30 000 aides au logement simultanées sur trois générations de bénéficiaires.

Les objectifs proposés seraient de réduire de moitié les postes durablement vacants dans les sites participants et d’augmenter de 10 points la proportion d’enseignants restant trois ans. Ce sont des objectifs à vérifier, pas des résultats acquis.

La DEPP, avec des chercheurs indépendants, comparerait les évolutions à des sites similaires. Elle vérifierait aussi que les recrutements ne se font pas simplement au détriment des établissements voisins.

5. Un budget explicite

Scénario de dimensionnement en euros 2026, à expertiser avant le vote :

* Installation : 10 000 × 3 000 € = 30 M€ par an.
* Logement : 30 000 × 200 € × 12 = 72 M€ par an.
* Provision pour gestion, évaluation et charges éventuelles : 18 M€.

Soit 120 M€ par an à pleine capacité. Le pilote représenterait 35 M€ la première année scolaire, puis 15 M€ chacune des deux suivantes, soit 65 M€ sur trois ans. Ces montants supposent les aides maximales ; les aides existantes effectivement mobilisées seraient déduites.

Ce budget couvre l’accompagnement de postes déjà financés. La revalorisation générale des salaires et la formation relèvent des fiches correspondantes. Il ne finance pas de construction immobilière.

L’État financerait le complément par des crédits votés. Les redéploiements ne seraient comptabilisés qu’après vérification ; le solde nécessiterait un arbitrage budgétaire explicite.

6. Des responsabilités identifiées

État : critères nationaux, cadre statutaire, financement et évaluation.

Rectorats, services territoriaux de l’État : besoins par discipline, affectations du second degré, contrats et coordination des aides.

DSDEN, services départementaux de l’État : affectations du premier degré et suivi des écoles, avec les préfectures pour le logement.

Communes et intercommunalités : partenariats locaux de logement et accueil. Départements et régions : contributions volontaires dans leurs compétences, notamment de transport. Le financement principal resterait national.

Écoles et établissements : accueil des arrivants et remontée des difficultés.

Bénéfices attendus : davantage de postes pourvus, moins de changements subis, une installation moins coûteuse et un suivi pédagogique plus continu.

Depuis Yvelines (78) · 6 octobre

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