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Cahier de doléances · Éducation

Problème n° 1561

Des enseignants mieux préparés à enseigner et accompagnés dans la durée

Maîtriser une matière, savoir l’expliquer, faire progresser des élèves de niveaux différents et conduire une classe nécessitent une préparation solide, puis une formation régulière au contact du terrain.

L’enquête TALIS 2024, publiée par la DEPP en 2025, montre que six enseignants sur dix à l’école élémentaire et un sur deux au collège ne jugent pas leur formation initiale de grande qualité.

Au collège, selon l’OCDE, seuls 17 % des enseignants ayant jusqu’à cinq ans d’expérience déclarent disposer d’un mentor, contre 26 % en moyenne dans les pays participants de l’OCDE. Par ailleurs, 35 % des enseignants français de collège déclarent que les formations suivies dans les douze derniers mois ont amélioré leur enseignement, contre 55 % en moyenne dans l’OCDE.

Ces données décrivent des perceptions, pas une mesure directe des compétences. Elles concernent aussi une situation antérieure à la réforme engagée en 2026, dont on ne peut pas encore évaluer les résultats.

Cette réforme prévoit déjà un master rémunéré pour les lauréats concernés, des stages progressifs et du tutorat. Le défi est désormais de garantir la qualité réelle de ces parcours, puis de prolonger l’accompagnement après la formation initiale.

Une formation utile doit aider à préparer un cours, repérer une incompréhension, enseigner la lecture ou les mathématiques, gérer un conflit et adapter une activité. Elle exige des formateurs compétents, des collègues disponibles et du temps effectivement dégagé. Sans ces conditions, l’obligation de se former risque de rester une formalité.

Depuis Yvelines (78) · 6 octobre

1 solution proposée

Solution n° 1562Niveau : État

Faire de la pratique accompagnée le cœur de la formation des enseignants

1. Des compétences vérifiées en situation

Champ : maternelle, élémentaire, collèges et lycées, y compris professionnels, publics et privés sous contrat. Adapter les parcours aux disciplines, aux contractuels et aux reconversions.

Dans les modules existants, travailler sur des cours réels : connaissances disciplinaires, explication d’une notion, analyse d’erreurs, gestion de classe, besoins particuliers et dialogue avec les parents. Priorité au français et aux mathématiques pour les professeurs des écoles, sans réduire les autres disciplines.

Organiser des ateliers en petits groupes avec des enseignants expérimentés en activité et des universitaires. Utiliser les évaluations existantes pour vérifier les connaissances et la capacité à enseigner. Compléter la formation si les compétences attendues ne sont pas acquises.

2. Deux années de compagnonnage après la formation initiale

Prolonger le tutorat pendant les deux premières années d’exercice, contractuels débutants inclus. Désigner un mentor volontaire, formé et expérimenté, de la même discipline ou d’un cycle proche, accompagnant deux débutants au maximum.

Prévoir 36 heures annuelles pour le débutant et 36 heures de mentorat par débutant, intégrées au service et remplacées lorsqu’elles libèrent du temps de classe. Ce volume comprendrait quatre observations de cours du débutant et quatre observations chez un collègue, avec préparation et retour sur les séances.

Distinguer l’accompagnement de l’évaluation administrative, confiée aux instances compétentes. Maintenir le tutorat prévu en master.

3. Une formation continue ancrée dans la pratique

Proposer un parcours pratique de 18 heures, soit trois journées de six heures réparties dans l’année : observer, essayer en classe, puis analyser les résultats. Intégrer les heures de formation déjà prévues.

Première cible : 100 000 enseignants par an, selon les besoins identifiés avec les équipes, en priorité dans le primaire et les établissements en difficulté. Les débutants seraient comptés séparément dans ce chiffrage.

Organiser ces journées sur le temps de service, avec remplacement programmé. Les structures existantes de formation assureraient l’offre de proximité.

4. Un déploiement progressif

Dès 2027, expérimenter dans plusieurs académies : 5 000 nouveaux enseignants accompagnés chaque année pendant deux ans et 20 000 enseignants en formation continue par an. Évaluer en 2029 avant extension.

Objectifs de service : 95 % des débutants participants disposant d’un mentor dans le premier mois, temps d’accompagnement réellement assuré et continuité des cours pendant les formations.

La DEPP et des chercheurs indépendants évalueraient les pratiques, le maintien dans le métier et les apprentissages des élèves, avec des groupes comparables, en complément de la satisfaction des participants.

5. Un coût calculable

Hypothèse à pleine capacité : 30 000 nouveaux enseignants par an, soit 60 000 accompagnés simultanément.

En euros 2026, avec une provision moyenne de 90 € par heure libérée à remplacer, coût employeur compris :

* Compagnonnage : 60 000 × 72 heures × 90 € = 388,8 M€ par an.
* Formation continue : 100 000 × 18 heures × 90 € = 162 M€ par an.
* Formation des mentors, intervenants, déplacements, ressources et évaluation : enveloppe de 60 M€.

Total brut : environ 611 M€ par an. Pilote : 75 M€ la première année, puis 110 M€ par an avec deux cohortes, dont respectivement 10,2 et 12,8 M€ pour les autres dépenses de formation et d’organisation. Chiffrage à expertiser selon les effectifs, les corps et les moyens disponibles.

Déduire uniquement les financements existants effectivement réutilisés. Les remplacements sont inclus ici et ne seraient pas recomptés dans la fiche correspondante. Les rémunérations du master et les revalorisations salariales générales restent dans leurs budgets respectifs.

L’État financerait le complément voté en loi de finances. Réorienter les formations peu utiles après évaluation ; chiffrer les économies avant de les comptabiliser.

6. Des responsabilités claires

État : compétences nationales attendues, financement et critères d’évaluation.

Universités et instituts de formation : contenus, stages, qualification des formateurs et évaluations de formation.

Rectorats : organisation académique, mentors et remplacements du second degré, conventions avec le privé sous contrat.

DSDEN : organisation départementale du premier degré avec les inspecteurs et conseillers pédagogiques.

Écoles et établissements : besoins, accueil des mentors et emplois du temps.

Communes, départements et régions : coopération matérielle dans leurs compétences ; formation et remplacement des enseignants financés par l’État.

Bénéfices attendus : débutants moins isolés, maîtrise disciplinaire renforcée, classes mieux conduites et pratiques améliorées au bénéfice des élèves.

Depuis Yvelines (78) · 6 octobre

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