Madame Polony sera sans doute sensible à ce problème puisqu'elle est elle-même fille de médecins.
On voit se dégrader les conditions d'accès aux soins depuis plusieurs années et l'on fait trop souvent porter la responsabilité aux médecins, qui font face à un désaveu des pouvoirs publics et à un « doc bashing » organisé qui les décrédibilise auprès des populations. La valorisation de leurs actes techniques est parmi les plus basses de France. Ces actes n'ont pas été revalorisés depuis des années. Certains actes (radiologie, par exemple) viennent d'être revus à la baisse. Les complémentaires santé se désengagent des remboursements, reportant la faute sur les praticiens. On vient de supprimer le remboursement des prescriptions des médecins en secteur III et bientôt, on en viendra peu à peu à la suppression du secteur II. L'activité libérale est dévalorisée par rapport au secteur public alors que, selon les régions, celle-ci produit plus de 70 % des actes chirurgicaux. La médecine libérale est en danger et, avec elle, tout le système de santé est au bord de la rupture. C'est un long travail de sape des gouvernements successifs qu'il est peut-être encore temps de stopper.