Le problème du rythme scolaire n’a jamais été véritablement traité. Nous continuons à construire des programmes toujours plus ambitieux sur une année scolaire qui ne compte qu’environ 34 semaines de cours. À force d’empiler les connaissances, les compétences et les objectifs, nous créons une pression croissante sur les élèves comme sur les enseignants.
Le résultat est paradoxal : des journées scolaires déjà longues, des programmes difficiles à terminer et, pour beaucoup d’élèves, la nécessité de poursuivre le travail à la maison pour simplement suivre le rythme. Les devoirs, les révisions et les activités extrascolaires viennent alors s’ajouter à une journée déjà dense.
Or, un enfant ou un adolescent ne peut pas être en permanence dans l’apprentissage. Il a besoin de temps de respiration, de jeu, de sport, de culture, de sociabilité et, simplement, de ne rien faire. Ces temps de décompression ne sont pas du temps perdu : ils participent à l’équilibre, à la concentration et, indirectement, aux apprentissages.
Il faut donc cesser de répondre à chaque difficulté scolaire par l’ajout de contenu ou d’heures supplémentaires. La question devrait être : qu’est-ce que nous voulons réellement que les élèves apprennent, et quel temps devons-nous leur donner pour l’apprendre correctement ?
Repenser le rythme scolaire, c’est aussi mieux répartir les temps de travail et les temps de repos, alléger les programmes lorsque cela est nécessaire et redonner une véritable place, dans la journée et dans la semaine, aux activités sportives, culturelles, artistiques et collectives.