J'ai choisi, à 16 ans, de me former par l'apprentissage dans un atelier d'ébénisterie d'art. Après quelques années de pratique, j'ai ouvert un atelier d'ébéniste (10 ans), puis ai créé, en association avec une autre personne, une entreprise (chantier naval) qui embauchait une dizaine de personnes 20 ans plus tard. Enfin, j'ai ouvert un atelier de sculpture sur bois après avoir obtenu le concours des meilleurs ouvriers de France dans cette spécialité.
1/ Lorsque j'ai pris ma retraite, la première année de mon apprentissage n'a pas été prise en compte dans son calcul, mes montants de cotisation de l'époque n'étant pas assez élevés.
2/ De même, j'ai dû exercer le métier de matelot sur un bateau de pêche quelques mois entre deux installations. Ceux-ci n'ont pas été davantage pris en compte : pas assez de mois cotisés…
3/ La notion de pénibilité semble ne pas exister pour les PME.
4/ Dans ma première et ma troisième entreprise, j'ai fait le choix de privilégier la qualité de mon travail au rendement et au profit. À savoir qu'un métier qui touche à l'excellence n'est pas forcément rémunéré à sa juste valeur. Si l'on veut que ces métiers ne disparaissent pas, ils devraient être considérés d'utilité publique et la retraite ajustée avec ce critère.
Exemple dans mon métier : plusieurs de mes sculptures se trouvent sur des bâtiments historiques que des cars de touristes prennent régulièrement en photo, sur l'hôtel de naissance de Chateaubriand, dans des églises, par les statues volées ou détruites que j'ai reproduites ou créées, ou sur des monuments publics à la mémoire de personnes qui ont fait du bien à notre société. Mon but étant de rendre des espaces publics (quels qu'ils soient) plus harmonieux, je suis aujourd'hui au minimum retraite, moins de 1 200 €, le calcul de ma retraite ayant été fixé sur mes dernières années de cotisations, et ne peux même pas transmettre mes connaissances par manque de moyens.