J’ai le sentiment que nous avons peu à peu abandonné une partie essentielle de l’éducation : apprendre à vivre ensemble et à se sentir responsable d’un bien commun.L’école doit bien sûr transmettre des savoirs, Mais elle devrait aussi transmettre davantage le respect, les devoirs autant que les droits, le goût de l’effort, la connaissance de notre histoire et de nos institutions, et l’idée que nous avons tous une responsabilité envers le pays dans lequel nous vivons.
Je ne parle pas de nostalgie ni d’autorité pour l’autorité. Je parle simplement de ce qui permet à une société de tenir ensemble.
On ne peut pas demander aux citoyens de défendre les services publics, la solidarité ou l’environnement si l’on ne leur apprend plus suffisamment pourquoi ces choses nous appartiennent collectivement. J’aimerais que l’éducation civique redevienne une véritable priorité, concrète, exigeante et vivante.
Cahier de doléances · Éducation
Problème n° 201
2 solutions proposées
Votez pour celle qui vous semble la meilleure : une voix par personne, que vous pouvez déplacer.
L’Éducation nationale : savoir, penser, rêver… et après ?
J’aurais pu ouvrir sur la célèbre formule de Victor Hugo : « Savoir, penser, rêver ». Mais aucun de ces trois verbes n’est aujourd’hui à l’honneur.
Hugo décrivait un chemin : l’instruction qui donne les clés pour analyser le réel, puis la liberté de s’en évader et de se projeter. Nous en sommes loin. Au-delà de l’état général de nos écoles, collèges et lycées, c’est toute une conception de l’instruction qui s’est égarée.
Rendre aux enseignants leur autorité. Pourquoi l’a-t-on laissée s’effriter ? Les professeurs doivent retrouver l’autorité qui leur revient, pour se faire respecter et rétablir la sérénité indispensable à la transmission du savoir.
Enseigner la République dès le plus jeune âge. Pourquoi le fonctionnement de notre société et de nos institutions n’est-il pas expliqué aux enfants dès l’école primaire ? Les valeurs de la République ne se décrètent pas, elles s’apprennent.
Mettre plus de France dans les cours. L’histoire de France, bien sûr, mais aussi au sens large : l’histoire de l’art, l’ingénierie, les découvertes françaises, et nos erreurs aussi. Approfondissons et expliquons tout cela au fil des siècles.
Remettre la grande littérature au programme. Certaines œuvres doivent redevenir obligatoires : Hugo, Voltaire, Camus, Simone de Beauvoir…
Faire découvrir la philosophie bien plus tôt. Condorcet, Descartes, Rousseau, Montaigne : ces auteurs aident les élèves à développer leur esprit critique et à penser par eux-mêmes plus tôt. Ils éclairent aussi la France, ses fondements, sa République, ses devoirs et ses obligations, et surtout son ambition de toujours : être une lumière pour les peuples.
Enfin, on ne peut penser aux enfants sans penser aux parents. C’est un autre débat à ouvrir : quelle est la place de chacun, et quelles sont ses obligations, dans une société qui prétend miser sur son avenir ?
Proposition pour renforcer la cohésion, la responsabilité et l’émancipation des élèves à l’école
Monsieur le Ministre,
La France connaît aujourd’hui de profondes transformations sociales. Notre société apparaît de plus en plus morcelée et le sentiment d’appartenance à une même communauté nationale semble parfois s’affaiblir.
L’école, qui devrait être l’un des principaux lieux de transmission de cette cohésion, n’échappe pas à ces difficultés : manque de discipline, harcèlement, violences scolaires et perte de repères collectifs interrogent notre modèle éducatif.
Ayant effectué une grande partie de ma scolarité à l’Institut Culturel Franco-Japonais de Paris, du CP à la 4e, j’ai découvert un fonctionnement largement inspiré du modèle japonais. Cette expérience m’a particulièrement marqué par la place accordée à la responsabilité collective, à la discipline, à l’entraide et à l’autonomie.
Sans chercher à transposer intégralement ce modèle en France, je pense que certaines de ses pratiques pourraient utilement inspirer notre système éducatif. Je souhaite ainsi proposer plusieurs mesures visant à renforcer à la fois la responsabilité, l’épanouissement et la créativité des élèves.
1. Un « gouvernement des élèves »
Permettre aux élèves de participer davantage à la vie de leur établissement : proposer des projets, prendre en charge certaines initiatives et participer à des décisions concernant la vie collective.
Objectifs : développer l’autonomie, le sens des responsabilités, l’esprit d’initiative et l’apprentissage concret de la démocratie.
2. Responsabiliser les élèves dans l’entretien de leur établissement
À tour de rôle et sous la supervision des adultes, les élèves pourraient participer au rangement et à l’entretien courant de leur classe et de certains espaces communs, comme cela se pratique dans les écoles japonaises.
Objectifs : développer le respect des lieux, l’hygiène, la discipline, la responsabilité collective et la considération pour le travail des personnels d’entretien.
3. Créer un « Undōkai » français
Le Japon organise de grandes fêtes sportives scolaires réunissant tous les élèves autour d’épreuves individuelles et collectives. Ces événements, préparés pendant plusieurs semaines, favorisent la coopération, la discipline, le dépassement de soi et le sentiment d’appartenance. Certaines épreuves associent également les parents et les enseignants, notamment lors du traditionnel tir à la corde.
La France pourrait s’inspirer de ce modèle en organisant chaque année une grande fête sportive réunissant les classes, les enseignants et les familles.
Objectifs : renforcer la cohésion, l’esprit d’équipe, le goût de l’effort et le sentiment d’appartenance à une communauté scolaire.
4. Créer un enseignement pratique de la vie quotidienne
Un enseignement réunissant cuisine, couture, bricolage, réparation et entretien permettrait de transmettre des savoir-faire utiles tout en revalorisant l’intelligence pratique et les métiers manuels.
Ces activités pourraient également servir de support concret aux apprentissages théoriques : proportions et conversions en cuisine, physique et géométrie dans la fabrication d’objets, chimie à travers certaines préparations, etc.
Objectifs : préparer les élèves à la vie quotidienne, stimuler leur créativité et donner davantage de sens aux enseignements.
5. Encourager davantage de sobriété dans les signes de distinction sociale
Dans de nombreux établissements japonais, certaines fournitures et certains équipements scolaires sont standardisés, notamment les cartables. Sans reproduire ce système à l’identique, nous pourrions réfléchir à des moyens de limiter la compétition matérielle et les signes de distinction sociale à l’école.
L’objectif serait de remettre davantage l’accent sur ce qui devrait distinguer les élèves : leur travail, leurs connaissances, leur imagination et leurs efforts.
Pour une école qui associe liberté et responsabilité
Ces propositions poursuivent un même objectif : faire de l’école non seulement un lieu de transmission des connaissances, mais également un lieu d’apprentissage concret de la vie en société.
Nous accordons, à juste titre, une grande importance à la liberté et à l’émancipation individuelles. Mais celles-ci ne peuvent pleinement s’exercer que dans une société fondée sur le respect mutuel, la confiance et le sens des responsabilités.
L’émancipation ne devrait donc pas seulement consister à apprendre à se construire individuellement, mais aussi à devenir un membre responsable d’une collectivité.
Les pratiques que j’ai découvertes au cours de ma scolarité franco-japonaise m’ont convaincu que ces deux dimensions pouvaient être conciliées : former des individus autonomes et créatifs tout en leur donnant le sens du collectif.
Il ne s’agit pas de choisir entre liberté individuelle et cohésion collective, mais de faire comprendre aux jeunes générations que l’une ne peut durablement exister sans l’autre.
Je souhaite ainsi soumettre ces propositions à votre réflexion.
Proposer une solution à ce problème
Les solutions sont écrites par les inscrits, puis relues avant publication.
Partager cette page
Le lien s’ouvre sans compte et affiche son image sur les réseaux.