J’ai le sentiment que beaucoup de gens travaillent énormément sans parvenir réellement à améliorer leur vie. Ce n’est pas seulement une question de revenus. C’est aussi le sentiment que l’effort est mal réparti : certains supportent toujours davantage de charges, de contraintes et d’incertitudes, pendant que d’autres semblent beaucoup mieux protégés du système.
Je ne suis pas opposée à l’impôt ni à la redistribution. Au contraire, je crois profondément à la solidarité et au financement de services publics forts. Mais pour que cela soit accepté, il faut que chacun ait le sentiment de contribuer justement, à proportion de ses moyens, et que l’argent collecté soit réellement utile. Je voudrais une société où le travail permette de vivre dignement, où l’enrichissement ne dispense pas de contribuer davantage, et où la solidarité ne soit pas vécue comme une punition, mais comme un contrat collectif.