Inégalités scolaires : donner à chaque enfant des chances réelles de réussir, quel que soit son milieu ou son territoire
Dans PISA 2022, les élèves français appartenant au quart le plus favorisé socialement dépassent de 113 points en mathématiques ceux du quart le plus défavorisé, contre 93 points en moyenne dans l’OCDE. Cet écart ne mesure pas seulement l’action de l’école, mais il montre que les conditions sociales restent fortement associées à la réussite.
La DEPP constate, dans son étude de mai 2024, que la ségrégation sociale entre collèges a peu changé à l’échelle nationale. Les écarts de composition sociale entre enseignement public et privé se sont creusés. Les situations varient fortement selon les départements et la ségrégation résidentielle.
La mixité peut améliorer la vie scolaire, sans suffire à relever les apprentissages. L’évaluation présentée par le Conseil scientifique de l’Éducation nationale, comparant 56 collèges pilotes à 56 collèges témoins, observe des bénéfices pour le bien-être et les relations entre élèves, mais pas d’effet significatif à court terme sur les résultats scolaires.
Deux défis doivent donc être traités ensemble : améliorer concrètement les conditions d’apprentissage dans les établissements défavorisés et réduire les séparations sociales lorsque la géographie le permet. Dans les territoires isolés, la priorité est aussi l’accès aux enseignants, aux équipements et à une offre éducative complète.
Déplacer les élèves sans améliorer leur scolarité ne suffit pas. Inversement, renforcer les moyens sans examiner leur répartition et leurs effets ne garantit pas une réduction des inégalités.