En tant que titulaire de la fonction publique depuis 15 ans, je constate directement le déclin de l’hôpital public : manque de moyens, manque de personnel, épuisement des équipes et perte progressive du sens du métier. À force de nous demander de faire toujours plus avec moins, on finit parfois par produire, malgré nous, des situations de maltraitance. Ce n’est pas le manque de vocation des soignants qui est en cause, c’est un système qui ne leur permet plus d’exercer correctement leur métier.
Il faut aussi arrêter de stigmatiser les fonctionnaires en affirmant qu’ils ne travaillent pas. Il existe, comme partout, des agents plus ou moins investis, mais beaucoup tiennent encore le service public à bout de bras. Alors pourquoi avoir supprimé la note des évaluations ? Pourquoi ne pas mieux reconnaître et faire évoluer les agents les plus compétents et les plus investis ? Valoriser ceux qui travaillent, donner de vraies perspectives de carrière et remettre les moyens nécessaires au service public serait bien plus efficace que de culpabiliser ceux qui le font vivre.