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Cahier de doléances · Éducation

Problème n° 2378

En tant que psychologue de l'éducation nationale, je constate d'année en année, un mal-être qui s'installe aussi bien chez les élèves que chez les enseignants. Les injonctions contradictoires, les demandes sans moyen ne permettent plus de distribuer un enseignement de qualité pour tous et cette situation crée de la souffrance. Les élèves ne savent plus ce qu'ils viennent faire à l'école. On leur apprend des procédures mais plus véritablement à penser. Les enseignants, mal formés, ont face à eux un public dispersé qui ne comprend pas ce qu'il fait là.
J'aimerais insister sur les élèves en situation de handicap qui sont "inclus" dans les classes ordinaires sans moyen à la hauteur de l'exigence. Chaque jour, je suis confrontée à des situations où les enfants n'obtiennent pas de place dans les institutions où pourtant ils sont en droit d'aller (CMPP, SESSAD, ...). On demande aux enseignants, non spécialisés, de faire face à ces élèves qui ont besoin de prises en charge spécifiques et qui pourtant sont littéralement "jetés" dans les classes avec un accompagnement (AESH mutualisée) dérisoire. Dans certaines situations, l'inclusion s'apparente à de la maltraitance car tout le monde souffre de devoir inclure des enfants qui ont des troubles qui ne sont pas pris en charge par des professionnels qualifiés. Les premiers à en souffrir, ce sont les enfants eux-mêmes. J'ai un exemple concret : une élève que j'ai rencontré l'an dernier, scolarisée en ULIS école depuis le CP. Cette jeune fille rentrait au collège en septembre 2026. Elle est déficiente et rentre parfaitement dans le cadre du handicap. Pourtant, cette année, scolarisée en ULIS collège , elle est incluse toute la journée dans une classe de sixième ordinaire sans accompagnement où quelques heures. Evidemment, avec un niveau de CP en lecture. Elle ne peut pas suivre les enseignements donnés. Que propose-t-on aux parents ? De la garder à la maison les après-midis. Comment peut-on accepter une situation comme celle-ci ?

Depuis Côte-d'Or (21) · 7 octobre

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