Garantir un temps de travail personnel accompagné à l’école
1. À l’élémentaire, faire l’entraînement scolaire à l’école
Faire respecter l’absence de devoirs écrits obligatoires à domicile. Organiser dans les enseignements des temps explicites pour s’exercer, mémoriser, corriger et apprendre à travailler seul, sans réduire les objectifs des programmes.
La lecture partagée ou la révision orale à la maison peuvent rester proposées, avec une solution équivalente à l’école lorsque l’enfant ne peut être accompagné. Aucun apprentissage essentiel ne doit dépendre de la capacité d’un parent à enseigner.
2. Au collège, renforcer Devoirs faits
Expérimenter un accès garanti à quatre heures hebdomadaires d’étude accompagnée pour les élèves participants, en groupes de douze en moyenne, adaptés aux besoins. Ces quatre heures constituent un volume total, incluant les heures déjà assurées par Devoirs faits.
L’enseignant donne des consignes comprises en classe, estime la durée du travail et coordonne la charge avec ses collègues. L’élève commence les exercices, révise ses leçons et reçoit une aide lorsqu’il bloque. Les erreurs servent à préparer une correction et à repérer un besoin de soutien.
L’objectif expérimental est de réaliser l’essentiel du travail prescrit dans ce temps. Si les quatre heures ne suffisent pas, mesurer pourquoi et ajuster les tâches ou les moyens. Ne pas promettre une suppression générale des devoirs avant d’avoir vérifié cette organisation.
3. Construire progressivement l’autonomie
Apprendre à utiliser un agenda, répartir les révisions, mémoriser sans recopier et vérifier une réponse. L’accompagnant aide à comprendre et laisse l’élève chercher.
Au lycée, conserver un travail personnel progressivement plus autonome. Identifier les élèves sans espace adapté et leur proposer des créneaux dans les salles d’étude ou au CDI, dans les capacités d’encadrement existantes. Toute extension nécessitant des recrutements fera l’objet d’un chiffrage distinct.
Évaluer les acquis personnels en classe. Une production réalisée à domicile, avec une aide impossible à apprécier, ne doit pas constituer à elle seule la preuve d’une compétence.
4. Garantir un accès pratique et gratuit
Commencer par les collèges où les besoins sont les plus importants, tout en ouvrant le dispositif à des élèves de milieux variés. L’accès ne dépend pas de la capacité à payer.
Utiliser les permanences disponibles et coordonner les transports. Articuler le dispositif avec la future réforme des horaires visant une fin des apprentissages obligatoires à 16 heures. Quatre heures supplémentaires ne peuvent être simplement ajoutées à une journée déjà pleine : chaque site doit présenter un emploi du temps réalisable, préservant cours, pauses et déjeuner.
Confier l’encadrement à des enseignants volontaires rémunérés et à des personnels formés, sous responsabilité pédagogique. Le bénévolat peut compléter l’offre, sans en conditionner la continuité. Prévoir l’accessibilité et les accompagnements nécessaires au handicap.
5. Un budget transparent, sans compter deux fois l’existant
Pour une capacité cible de 500 000 collégiens :
• 4 heures × 36 semaines × 500 000 élèves ÷ 12 élèves par groupe = 6 millions d’heures d’encadrement par an ;
• à 60 € de coût employeur moyen par heure : 360 M€/an ;
• préparation, coordination, formation et remplacement, provision de 15 % : 54 M€/an ;
• adaptations locales, transport et évaluation : 11 M€/an.
Coût brut indicatif : 425 M€/an, soit 850 € par élève. Le coût supplémentaire correspond à ce montant diminué des moyens existants effectivement réutilisés, après inventaire. Aucun crédit déjà engagé ne sera présenté comme une économie nouvelle.
Commencer par 100 000 collégiens pendant deux ans : enveloppe brute indicative de 85 M€/an, soit 170 M€ sur deux ans. Vérifier localement le coût horaire, les locaux et les transports ; les constructions importantes sont hors estimation. La formation générale et le soutien spécialisé déjà chiffrés dans les autres fiches restent distincts.
6. Responsabilités et évaluation
État : financement pédagogique, cadre et évaluation avec la DEPP. Rectorats et services départementaux : personnels, sélection des sites et contrôle des horaires.
Départements : locaux des collèges ; régions et autorités organisatrices : coordination des transports selon leurs compétences. Communes pour l’élémentaire et régions pour les lycées : organisation matérielle relevant de leur périmètre. Convention de financement pour toute dépense locale supplémentaire.
Équipes éducatives : charge de travail, séances et suivi des élèves ; familles : dialogue et signalement des difficultés.
Comparer les acquis, l’autonomie, le travail restant à domicile, la fatigue et les écarts sociaux avec des établissements similaires. Généraliser selon les résultats et les coûts constatés.