Ce que nous voyons aujourd’hui n’est que le symptôme d’un mal plus profond : l’abandon de l’école républicaine, le renoncement généralisé au cadre et le rôle déstabilisateur joué par une certaine presse. Au quotidien, nous subissons une démission parentale et une individualisation poussées jusqu’à l’absurde. Mon expérience récente en témoigne de manière alarmante :
— L’impunité et l’invitation à la résignation : il y a un an, ma tête a été mise à prix sur les réseaux sociaux à la suite d’une cabale orchestrée par une mère de famille. Cela fait plus d’un an que j’ai porté plainte, et l’auteure des faits n’a toujours pas été inquiétée. Lors de cet épisode, une psychologue m’a même glissé : « Il faut revoir vos idéaux à la baisse. » Mais comment me résigner, alors même que j’ai le sentiment d’avoir déjà dû renoncer à tant d’exigences ?
— Le chantage et le refus des règles : lors de la constitution des classes, des élèves ont exercé un chantage pour ne pas être séparés de leurs camarades, parfois avec l’appui de prescriptions médicales. De même, rappeler qu’une tenue doit être adaptée au cadre scolaire peut conduire à des accusations de sexisme. Pourtant, l’école doit aussi préparer aux règles de la vie collective et professionnelle.
— La responsabilité de la presse : récemment, une vingtaine d’élèves réunis devant mon lycée ont été présentés par la presse locale comme « 200 à 300 élèves » bloquant l’établissement, sans vérification auprès de la direction. En renonçant à vérifier les faits, certains médias fabriquent une réalité qui légitime les agitateurs et alimente les tensions.
À cela s’ajoute une surcharge institutionnelle : harcèlement, écologie, éducation à la vie sexuelle, citoyenneté, protocoles multiples… On demande à l’école de tout prendre en charge. Ces sujets sont importants, mais le rôle premier des enseignants reste d’instruire.