Éducation nationale : ne plus enfermer les élèves dans leur orientation et valoriser l'expérience professionnelle
L'orientation scolaire intervient souvent à un âge où les jeunes ne connaissent ni leurs véritables capacités, ni les métiers, ni le monde du travail.
Un élève qui rencontre des difficultés au collège peut être orienté vers une filière professionnelle sans l'avoir réellement choisie. Cette orientation risque alors d'être vécue comme un échec, alors qu'elle peut devenir une formidable occasion de progresser et de mûrir.
J'en ai personnellement fait l'expérience.
Après le collège, j'ai été orienté vers un lycée d'enseignement professionnel, car on estimait que je n'avais pas le niveau pour poursuivre en seconde générale.
J'y ai préparé un CAP et un BEP d'employé de bureau. J'y ai découvert des enseignements pratiques et surtout le monde de l'entreprise grâce à un véritable stage professionnel d'un mois.
Cette expérience a profondément changé mon rapport aux études. J'ai gagné en maturité, découvert mes capacités et compris ce que je voulais accomplir.
Grâce à une classe de première d'adaptation, j'ai ensuite pu reprendre un cursus long : baccalauréat G2, BTS informatique de gestion, puis études d'expertise comptable.
Sans cette expérience professionnelle et cette possibilité de réorientation, mon parcours aurait probablement été très différent.
Aujourd'hui, l'enseignement professionnel souffre encore d'un manque de reconnaissance. Les élèves peuvent également manquer d'occasions de découvrir concrètement les métiers avant de choisir leur orientation.
Le système scolaire devrait davantage tenir compte du fait que chaque jeune évolue à son rythme et que les capacités ne se révèlent pas nécessairement au même âge.