L'écart entre le salaire brut et le salaire net, l'impression que notre travail ne paie pas. Et du côté des entreprises, des charges sociales et patronales trop importantes qui freinent l'embauche et la création d'emplois. Il y a quelque chose à revoir dans le monde du travail et de l'embauche en ce sens.
Cahier de doléances · Économie
Problème n° 370
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Le travail doit financer la protection du travailleur
Nous avons progressivement pris l’habitude de financer une part croissante de nos politiques publiques par des prélèvements sur le travail. À chaque nouvelle protection, chaque nouvelle dépense ou chaque nouveau besoin collectif, le salaire est devenu une assiette facile à solliciter.
Le résultat est que le travail ne finance plus seulement ce qui protège directement celui qui travaille. Il contribue aussi à financer la politique familiale, la solidarité nationale, la dette sociale ou encore le maintien de retraites complémentaires. Des missions qui concernent pourtant l’ensemble de la Nation reposent ainsi en partie sur le seul fait de travailler.
Je propose de revenir à un principe simple : le travail doit financer le travail.
Les cotisations assises sur les salaires devraient financer les protections directement liées à la vie professionnelle. L’assurance maladie en fait partie : elle protège le travailleur lorsqu’une maladie, une grossesse ou une invalidité l’empêche d’exercer son activité. L’assurance chômage répond au risque de perdre son emploi. Les accidents du travail et les maladies professionnelles sont directement liés à l’activité. La médecine du travail, la formation professionnelle et les dispositifs permettant de préserver la capacité à travailler relèvent de la même logique.
La retraite de base pourrait également rester financée par le travail. Elle constitue le prolongement naturel d’une vie professionnelle et garantirait à chacun un socle commun lorsqu’il cesse son activité.
En revanche, les missions qui concernent l’ensemble de la société devraient être financées par l’ensemble de la société.
Les allocations familiales ne concernent pas seulement les salariés : les enfants sont l’avenir de toute la Nation. La solidarité envers les plus fragiles est elle aussi une responsabilité collective. La CSG, la CRDS et les autres contributions finançant des missions générales devraient donc rejoindre une contribution citoyenne générale, acquittée selon des règles correspondant à leur véritable finalité.
La même logique conduirait à revoir les retraites complémentaires obligatoires. La République garantirait collectivement un socle commun de retraite. Au-delà, le maintien d’un niveau de vie supérieur pourrait relever davantage de l’épargne, de la prévoyance ou de dispositifs complémentaires librement choisis.
Cette réforme ne consiste donc pas à supprimer des protections ou à diminuer les moyens consacrés à la santé, à la famille ou à la solidarité. Elle consiste à changer leur financement pour que chaque prélèvement corresponde clairement à la mission qu’il finance.
Les conséquences sur le travail seraient importantes. Dans l’exemple d’un salarié rémunéré 3 600 euros brut, l’employeur consacre aujourd’hui environ 5 050 euros à cet emploi, tandis que le salarié reçoit environ 2 800 euros nets avant impôt sur le revenu. En recentrant les prélèvements sur la protection directement liée au travail, leur montant tomberait, dans l’estimation proposée, d’environ 2 250 à 1 350 euros. Le coût de l’emploi serait ramené autour de 4 450 euros et le revenu du salarié pourrait atteindre environ 3 100 euros avant impôt.
Les prélèvements directement assis sur le travail passeraient ainsi d’environ 45 % à environ 30 % du coût total de l’emploi.
L’intérêt serait double. Le salarié conserverait une part plus importante de ce que son travail produit. L’entreprise supporterait un coût moins élevé pour employer ou augmenter quelqu’un. Une embauche, une hausse de salaire ou une heure supplémentaire cesseraient de servir automatiquement d’assiette au financement de politiques sans lien direct avec le travail.
Cela ne signifie pas que ces politiques disparaissent. Elles seraient simplement financées ailleurs, par des recettes correspondant à leur nature et réparties entre tous ceux qu’elles concernent.
L’idée est finalement de sortir d’une logique dans laquelle le travail devient la variable d’ajustement permanente de nos finances publiques.
Le travail crée la richesse qui permettra ensuite de financer la solidarité. Nous pouvons difficilement vouloir davantage d’emplois, de salaires et de production tout en faisant de chaque euro supplémentaire produit l’occasion d’ajouter de nouveaux prélèvements.
Le travail n’est pas une réserve fiscale dans laquelle la République peut puiser pour financer indistinctement toutes ses ambitions.
Il devrait d’abord financer la protection de celui qui travaille. Le reste relève de la contribution de l’ensemble de la Nation.
Je ne suis pas sûr qu'il faille opposer le salaire brut et le salaire net, car les droits sociaux nous permettent initialement d'amortir les risques de la vie.
Pour ce qui est des embauches, il faut redessiner les bassins d'emploi, c'est-à-dire toute la vie qui est autour du travail : logement, lieux de travail, école, collège, lycée, CFA, université, formation des jeunes, loisirs, culture, équipements sportifs, etc.
Est-ce que le travail pourrait être « fun » ?
Changer le statut juridique de l'entreprise ? Que les salariés qui le souhaitent puissent participer à une partie du capital ?
taxes = pas envie de travailler
les impôt ne doivent pas être sur le travail mais sur la possession !
immobilier , art , auto , entreprises ...
et sur l'achat : tva par exemple
il faut supprimer les charges sur les salaires des français afin que brut = net .
Réduire nos cotisations pour autonomiser chaque travailleur, rendre les gens responsables de leurs choix pour le futur en les rémunérant directement et en déchargeant les entreprises.
Soyons lucides, il faut rapprocher le brut du net. Mais il faut avoir conscience que ce rapprochement implique de rogner autre part, ce qui pose la question des dépenses sociales. Il faut donc revoir tout ce que la sécurité sociale finance. Il faut rembourser à 100 % toutes les dépenses de santé en ce qui concerne les mineurs et la maternité.
En revanche, il va falloir arbitrer sur une augmentation du reste à charge pour le reste. Si on veut que le Doliprane soit produit en France et pas en Inde, alors il faut l'acheter au juste prix. Et la sécurité sociale a tendance à tirer les prix vers le bas et donc à se fournir à l'étranger. Il faut accepter de payer un prix un peu plus cher. Nos soignants sont mal payés (kinés, orthophonistes, infirmières, médecins, etc.). Il faut donc augmenter le prix de la consultation et, par conséquent, augmenter aussi le reste à charge. C'est difficile à accepter, mais c'est la seule solution pour maintenir une sécurité sociale digne de ce nom, ne pas dériver vers les assurances privées et, au final, augmenter les salaires.
Réduire l'écart entre le brut et le net, c'est aussi revoir le système de retraite et l'organisation administrative du territoire.
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