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Cahier de doléances · Éducation

Problème n° 377

J’ai débuté par l’École normale d’instituteurs, pour devenir instituteur, en 3 années de formation ultra pratiques, en permanence aux côtés d’élèves dans ce qu’on appelait alors des classes d’application. Les instits, choisis par l’École normale, nous les regardions enseigner. Ils nous laissaient la main pour des séquences de plus en plus longues et assuraient un « débriefing » avec nous et tous les collègues de la promotion. Nous étions 14 élèves « apprentis-instituteurs ». Au cours de ces 3 années de formation, j’ai dû passer 2 ans sur le terrain, dans des classes.

Puis je passe mon CAPES de musique et, malgré ma formation d’instit, on m’oblige à faire cette année de formation pédagogique post-CAPES. Le CPR ! Une horreur absolue : un universitaire qui nous parle de la relation pédagogique, à 80 dans un amphi ! J’ai hurlé ma colère et je suis parti de cette tartufferie.

Aujourd’hui, en toute fin de carrière, je sais que les politiques, dans les années 80, se sont trompés :
Ils ont calqué la formation des désormais professeurs des écoles sur la formation des profs, en 5 ans d’études universitaires, complètement théoriques. Et lorsqu’un sortant de concours découvre des élèves après le CAPES et qu’on s’aperçoit qu’il n’est pas fait pour ça, c’est trop tard… J’ai été tuteur de sortants de concours et, lorsque je m’apercevais que ce jeune enseignant n’était pas fait pour l’être, dans le pire des cas, il refaisait un an de formation avant d’être titularisé quand même… Compliqué de dire à un étudiant bac+5 qu’il n’est pas fait pour enseigner…

Depuis Rhône (69) · 4 octobre

1 solution proposée

Solution n° 378Niveau : État

Il aurait fallu faire l’inverse : calquer la formation des professeurs sur celle des instituteurs !
L’enseignement est un artisanat qu’on apprend sur le terrain, au contact des élèves… Et foin des théories vaseuses des universitaires à mille lieues du terrain…

Je pense que, dès la 1re année de licence, il faut envoyer des étudiants dans les écoles et collèges pour voir ce qu’est ce métier.

À l’École normale de musique Alfred Cortot de Paris, il y a 2 filières : la filière concert et la filière enseignement. On y reçoit 2 formations différentes et on y prépare 2 licences.
On pourrait faire de même à l’université en fin de L1.

Lorsque j’ai passé le concours pour entrer à l’école normale d’instituteurs en juin, je me suis retrouvé à la rentrée de septembre dans un CM2 avec un instit qui m’a lâché au bout d’1 semaine. J’ai dû assurer pendant 15 jours ! Très formateur ! On s’aperçoit très vite si on est fait pour ce métier ou pas…

Depuis Rhône (69) · 4 octobre

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