J’ai débuté par l’École normale d’instituteurs, pour devenir instituteur, en 3 années de formation ultra pratiques, en permanence aux côtés d’élèves dans ce qu’on appelait alors des classes d’application. Les instits, choisis par l’École normale, nous les regardions enseigner. Ils nous laissaient la main pour des séquences de plus en plus longues et assuraient un « débriefing » avec nous et tous les collègues de la promotion. Nous étions 14 élèves « apprentis-instituteurs ». Au cours de ces 3 années de formation, j’ai dû passer 2 ans sur le terrain, dans des classes.
Puis je passe mon CAPES de musique et, malgré ma formation d’instit, on m’oblige à faire cette année de formation pédagogique post-CAPES. Le CPR ! Une horreur absolue : un universitaire qui nous parle de la relation pédagogique, à 80 dans un amphi ! J’ai hurlé ma colère et je suis parti de cette tartufferie.
Aujourd’hui, en toute fin de carrière, je sais que les politiques, dans les années 80, se sont trompés :
Ils ont calqué la formation des désormais professeurs des écoles sur la formation des profs, en 5 ans d’études universitaires, complètement théoriques. Et lorsqu’un sortant de concours découvre des élèves après le CAPES et qu’on s’aperçoit qu’il n’est pas fait pour ça, c’est trop tard… J’ai été tuteur de sortants de concours et, lorsque je m’apercevais que ce jeune enseignant n’était pas fait pour l’être, dans le pire des cas, il refaisait un an de formation avant d’être titularisé quand même… Compliqué de dire à un étudiant bac+5 qu’il n’est pas fait pour enseigner…