Enseignante en lettres dans un lycée public : l'instruction ne fonctionne plus... Classes à 35, perte d'heures d'enseignement (en français, 3 h en classe entière en 1re générale et 1 h de TD ; nous avons donc perdu 1 h de cours en quelques années), niveau très bas des élèves, bac-bidon devant la pression à surnoter, grande difficulté pour l'accès à la lecture, invasion de l'IA.
La souffrance des enseignants vient, plus que du niveau des élèves, de la supercherie de l'Éducation nationale qui nous oblige à jouer une mascarade. La réforme Blanquer n'a jamais été évaluée, réajustée, entre ce qui était bénéfique et ce qui ne fonctionnait pas. Réformer a consisté à remettre des exercices très anciens (explication linéaire à l'oral, résumé-discussion à l'écrit pour les séries technologiques) avec une population lycéenne qui n'a plus les moyens de les réussir.
Au lycée, c'est quasiment trop tard. Nous ne parvenons que très peu à faire évoluer les élèves en difficulté. C'est donc en primaire et au collège qu'il faut déjà faire porter l'effort. Tout perd son sens et les professeurs qui perdent la joie d'enseigner s'ennuient autant que les élèves...