Vouloir acheter depuis des décennies la paix sociale en matière d'éducation est contre-productif et pernicieux pour les élèves (futurs électeurs) et leur famille. Les « savoirs fondamentaux », qui sont lire, écrire, compter et s'exprimer correctement, se sont effondrés un peu plus à chaque rentrée scolaire (les évaluations nationales menées sur le niveau de 6e au collège le démontrent).
Au lieu de voir la réalité de l'effondrement des connaissances en face et de prendre le problème à bras-le-corps, on a bricolé des solutions entre les notes remplacées par des couleurs et des appréciations vagues et/ou vides de sens du type « en cours d'acquisition », « expert » (!!), les fameuses compétences qui n'en sont pas et les groupes de compétence qui ne fonctionnent pas au collège et qui sont un casse-tête dans les emplois du temps.
Au lycée, on a fait croire aux élèves et aux familles que tout était possible avec peu ou pas de travail personnel (le pourcentage éloquent de réussite au bac et l'inflation des mentions très bien entre 18 et 20 de moyenne le prouvent). Le système actuel d'orientation post-bac est un trompe-l'œil qui donne à croire que chacun aura accès — via quelques clics et une pseudo-lettre de motivation — aux mêmes chances dans l'enseignement supérieur.
Parallèlement, les inégalités et le déterminisme social n'ont cessé de se creuser entre les lycées des centres-villes et ceux de banlieue comme ceux des « campagnes » françaises. Pour preuve, le nombre exponentiel de « boîtes » à bac ou de cours privés de rattrapage ou de soutien scolaire accessibles aux plus aisés.
Les enseignants sont devenus des prestataires de services auxquels on demande d'animer leur classe au détriment de leur cours dans leur matière. Les élèves subissent la pression des notes, les enseignants celle de leur administration verticale et inflexible pour ses personnels et celle des parents qui contestent ou agressent dans les pires cas. Le système éducatif est arrivé au bout du rouleau.