L’État n’agit plus dans l’intérêt général, mais entretient son propre confort d’existence. Cela est dû au fait que les hauts fonctionnaires sont tous formés à la même sauce et gèrent ensuite leur carrière au sein des structures étatiques en évitant tout changement (même positif, car il constitue un risque potentiel de conflit ou d’insatisfaction qui pourrait déstabiliser leur plan de carrière). Bénéficiant en plus de l’emploi à vie garanti par l’État, pourquoi s’impliquer à améliorer les choses ?
Fleurissent par contre les équipes de communication qui justifient auprès de tous d’une activité de façade, la plupart du temps vide de réalité, et qui multiplient les affichages de bonnes intentions (partenariats, mémorandums qui ne donnent rien sur le long terme).
Je l’ai vécu chez HAROPA, où la situation est absurde et où rien n’est fait pour permettre une amélioration. Celle-ci permettrait pourtant plus d’attractivité de la France (les premiers ports français à l’import de produits agroalimentaires sont Anvers et Rotterdam !), plus d’emploi et de profit pour des entreprises françaises ou, pour le moins, localisées en France, et enfin une efficacité qui manque aujourd’hui à nos entreprises à l’export.
Les hauts fonctionnaires privilégient donc leur carrière et le statu quo aux dépens du service, de l’efficacité et du bon sens. De cela peuvent témoigner tant les fonctionnaires qui souffrent d’un environnement kafkaïen que la dégradation généralisée de nos services publics. À lire pour l’illustrer : le témoignage d’Hervé Deiss dans « Le clan des seigneurs » chez Max Milo, les commentaires récents de Monsieur Jean Louis Borloo ou le combat de l’avocate Christelle Mazza.
Les politiques n’ont plus la main depuis longtemps et n’ont donc d’autre choix que de faire des claquettes devant les caméras en promettant ce que l’État ne pourra réaliser. Les budgets sont utilisés chaque année au maximum des capacités pour justifier leur maintien l’année suivante, ce qui génère des dépenses inutiles.