Je suis enseignant dans un lycée polyvalent, avec des sections générales et technologiques (STI), depuis maintenant 30 ans.
Parmi les multiples problèmes et défis auxquels nous devons faire face, il y en a un, me semble-t-il, essentiel : le niveau des élèves en français est devenu catastrophique. Je peine désormais à leur faire comprendre des consignes simples, basiques, parce qu’ils n’ont plus assez de connaissances ou d’assurance en français pour pleinement comprendre ce qu’ils doivent faire. Et ce, quel que soit le niveau (seconde, terminale ou BTS).
Un exemple frappant : l’année dernière, je répétais une fois de plus à mes élèves de terminale STI : « Faites des phrases simples, sujet/verbe/complément. On essayera de complexifier par la suite. » Je vois un de mes élèves hésiter, puis m’appeler et me demander en aparté, très sérieusement : « C’est quoi, monsieur, sujet/verbe/complément ? »
Sans une très bonne maîtrise du français, les élèves ne peuvent tout simplement plus comprendre de manière satisfaisante ce que les professeurs expliquent et demandent dans leurs disciplines respectives, que ce soit en maths (tout dérive d’une compréhension fine des énoncés en français), en hist-géo, en langues (les élèves ne savent plus ce qu’est un pronom)…