Je tire la sonnette d’alarme concernant les foyers, les grands abandonnés de la politique. Qui en parle ? Le manque de places est si criant que les services sont confrontés à des dilemmes moraux. Parfois, une place, mais deux enfants. Les équipes doivent estimer lequel a la pire situation, mais cela ne signifie pas que le deuxième est mieux loti. (Du genre, un enfant victime d’inceste une fois par semaine, le deuxième battu tous les soirs ; faites un choix.)
L’impact psychologique sur l’enfant sacrifié est inévitable et tragique, au point qu’on oublie la souffrance des équipes. J’attire l’attention sur notre ressource humaine, comme on dit. Il s’agit souvent de belles âmes au grand cœur, des bisounours, pas taillées pour toute cette violence, notamment les envies mortifères et suicidaires des jeunes qui ont été placés. Les démissions se multiplient, les craquages aussi, accentuant la charge de travail et la charge mentale de ceux qui restent.
Cahier de doléances · Jeunesse
Problème n° 4268
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