La Guyane est un pays avec une telle diversité ethnique que c’est une épreuve pour les enseignants. Une amie qui a enseigné là-bas sept ans m’a expliqué qu’elle avait eu une classe qui parlait huit dialectes différents, comment faire du français avec ce défi ?
Cette diversité ethnique s’accompagne d’un racisme tous azimuts, à tous les étages : enfants, élèves, parents d’élèves, et même entre collègues. Beaucoup de conflits et de guerres froides ; les métropolitains sont peu appréciés par certains collègues locaux.
Par ailleurs, les élèves n’ont aucun imaginaire médiéval ou historique français. Ma collègue devait travailler avec la prof d’arts plastiques, des bandes dessinées et des captations vidéo quand elles faisaient Les Caractères (de La Bruyère), Cyrano ou Le Cid. Afin de développer des images mentales qui concrétisent l’intérêt de ces œuvres.
Elle m’a aussi dit que le canon littéraire français était mal perçu par certains de ses collègues qui font des œuvres francophones. Ce n’est pas un mal, cependant la perspective de ces enseignants était de renforcer un esprit antimétropolitain, ce qui ne coïncide pas avec le projet de la nation. De plus, dans les faits, la jeunesse guyanaise n’a pas plus acquis d’esprit antimétropolitain que d’esprit français, ça a juste participé à inhiber l’acquisition d’un esprit tout court.
Enfin, la météo pesante fait que les élèves seraient capables de se présenter en soutifs. Être décomplexé sur son apparence n’est pas un mal en soi (surtout quand il fait d’horribles températures), cependant ils ne voient pas l’inconvenance de leurs comportements. Leur ignorance concernant les codes sociaux réduit leurs chances de faire de bonnes études et d’obtenir des postes à responsabilité.