Le non-respect de « l’esprit de la Constitution » par les présidents et l’agonie de la démocratie parlementaire
- Lorsque la Ve République a été pensée par de Gaulle, il y avait certes le texte juridique, la Constitution, mais ce dernier avait aussi pensé « l’esprit de la Constitution ». Ainsi, au fondement de notre République, le droit est primordial mais la volonté de la population l’est tout autant. Ainsi, « l’esprit de la Constitution », qui devrait être incarné par chaque président, voudrait que ces derniers tiennent régulièrement des référendums pour consulter la population afin d’accompagner les Français dans leurs revendications pour l’avenir. Outre le référendum bafoué de 2005, les présidents ont rompu avec cet esprit de la Ve République et, de fait, avec les Français qui ne peuvent plus s’exprimer. Le dernier en date a d’ailleurs promis maintes fois d’en tenir, sans jamais les mettre en œuvre, ce qui amplifie donc la crise démocratique que nous vivons.
- Qui que soit le prochain président, je ne suis pas du tout convaincu qu’une majorité parlementaire claire puisse se dégager à l’issue de l’élection présidentielle vu la polarisation du paysage politique. Le prochain gouvernement risque donc d’être contraint de négocier avec les oppositions pour adapter son programme. Au regard des évènements de ces dernières années (budgets très largement déficitaires adoptés par l’AN, ajouts de milliers d’amendements à la proposition de loi pour, avant l’heure fatidique, empêcher le débat démocratique, usage détourné du fameux article 49-3…), peut-on être certain que ce que nous vivons actuellement ne soit pas reconduit pour 5 années supplémentaires ? Cette agonie de la démocratie parlementaire doit nous faire réfléchir à l’émergence d’un nouveau modèle axé sur une réforme institutionnelle totale, tant au niveau national que régional, et où le citoyen aurait une place bien plus importante avec la mise en place d’une démocratie directe (et non participative).