Natacha Polony — Ensemble, bousculons l’entre-soi politique

← Économie

Cahier de doléances · Économie

Problème n° 4424

Une collectivité peut devoir défendre un marché face à une entreprise évincée disposant de moyens juridiques très supérieurs aux siens. Même lorsque sa décision est solide, les frais d’avocat, les délais, la mobilisation des agents et la crainte d’une mise en cause personnelle peuvent peser sur ses choix. Les petites collectivités sont particulièrement exposées ; une région peut aussi rencontrer un dossier dépassant son expertise spécialisée.

Le rapport sénatorial du 8 juillet 2025 sur la commande publique documente cette crainte du contentieux. Il rapporte notamment une procédure concernant des agents de Charleville-Mézières, achevée après quatre ans par un non-lieu pour tous. Cet exemple illustre le poids d’une procédure, sans établir qu’elle était abusive.

L’enjeu est la capacité à défendre une décision motivée sans céder à une pression financière ou personnelle. À défaut, l’acheteur peut renoncer à des critères utiles de qualité, de maintenance ou de sécurité d’approvisionnement par peur de devoir les défendre.

Un recours rejeté n’est pas nécessairement abusif. Les données consultées ne permettent pas de chiffrer nationalement les démarches d’intimidation des candidats évincés. Il faut distinguer contestation légitime, erreur de l’acheteur et abus établi, tout en séparant la défense de la collectivité de celle des personnes mises en cause.

Depuis 99 · 13 octobre

1 solution proposée

Solution n° 4425Niveau : État

Objectif : permettre aux acheteurs de défendre rapidement leurs décisions régulières, quelle que soit la puissance juridique du candidat évincé, et corriger les erreurs avérées sans contentieux inutile.

Ce qui existe : conseil de la DAJ et de la CIJAP, services juridiques territoriaux, avocats et assurances. La protection fonctionnelle couvre déjà certaines mises en cause personnelles des agents, selon les conditions légales. Elle ne remplace pas la défense du marché par la collectivité.

1. Mutualiser l’expertise et la défense
Expérimenter pendant deux ans dans cinq régions volontaires une convention entre structures existantes : services des collectivités, réseaux d’appui départementaux et intercommunaux, conseil de l’État et avocats spécialisés. Un interlocuteur oriente chaque dossier ; aucune agence ni plateforme supplémentaire. Regrouper les prestations redondantes et coordonner les assurances, sans financer deux fois la même dépense.

Priorité aux collectivités peu dotées, avec accès des départements et régions aux expertises exceptionnelles. L’appui ne dépend pas d’une reconnaissance préalable de l’abus : on doit pouvoir se défendre dès le premier recours.

2. Assurer une réponse rapide et indépendante
En référé, viser la mobilisation d’un avocat sous vingt-quatre heures, plus vite si l’échéance l’exige ; pour les autres demandes, un premier avis sous cinq jours ouvrés. Prévoir une permanence adaptée aux délais judiciaires.

L’avis examine les chances de défense et les irrégularités possibles. Il recommande défense, correction ou règlement amiable licite. L’auteur de la procédure initiale ne doit pas être seul à apprécier sa régularité. L’avis ne lie pas le juge et ne donne aucune immunité.

3. Protéger les personnes
Distinguer le budget de défense du marché et les droits individuels à protection. Instruire rapidement les demandes de protection fonctionnelle dans le régime applicable à l’agent ou à l’élu, sans attendre une condamnation lorsque les conditions sont remplies. Prévoir paiement direct des honoraires conventionnés, soutien face aux menaces et avocat distinct en cas de conflit d’intérêts, avec respect du libre choix de l’avocat.

Aucune prise en charge des amendes pénales personnelles. Les exclusions légales liées aux fautes personnelles restent applicables ; une simple accusation ne suffit pas à établir une telle faute.

4. Prévenir et traiter les abus
Avant attribution, documenter les critères, leur pondération et le coût complet ; motiver les rejets et communiquer les informations légalement dues, en protégeant les secrets commerciaux. Une procédure explicable est plus facile à défendre.

Conserver les preuves de pressions et faire apprécier par un avocat les suites adaptées. Demander, lorsque justifié, une contribution aux frais de défense au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Signaler les éléments d’un éventuel recours abusif au juge, qui conserve l’appréciation et le pouvoir de sanction. Examiner une action indemnitaire seulement si ses conditions sont réunies.

Ne créer ni exclusion des marchés pour avoir exercé un recours, ni caution financière générale décourageant les PME de contester une irrégularité.

5. Chiffrer l’expérimentation
Plafond proposé : 5 millions d’euros par an, soit 10 millions sur deux ans :
2 M€ pour 20 équivalents temps plein, sur une hypothèse de coût complet de 100 000 € par poste et par an ;
2,5 M€ d’honoraires et d’expertises externes, correspondant à une hypothèse de 200 dossiers à 12 500 € en moyenne ;
0,5 M€ pour formation, coordination, outils existants et évaluation.

Ce sont des hypothèses de dimensionnement à confronter aux devis. Les dossiers complexes peuvent dépasser la moyenne. L’enveloppe pilote ne plafonne pas les obligations légales de protection des employeurs.

Financement : identifier les budgets juridiques redéployables, nets des engagements et assurances, puis voter le complément nécessaire. Aucun financement acquis ni économie nette n’est présumé. Les remboursements judiciaires éventuels ne financent pas le lancement.

Responsabilités : l’État organise le cadre et participe au financement ; les régions coordonnent les conventions volontaires ; départements et intercommunalités assurent la proximité. Chaque collectivité conserve la décision d’achat et sa défense ; les avocats sont indépendants et les juridictions seules tranchent.

Bénéfices et suivi : mesurer délais d’appui, frais complets, temps agent, corrections précoces et retards de projets. Viser 90 % des urgences prises en charge sous vingt-quatre heures et 15 % de baisse du coût juridique par dossier comparable à deux ans. Publier les résultats anonymisés, sans quota de victoires judiciaires. Généraliser seulement après évaluation du coût et du service rendu.

Depuis 99 · 13 octobre

Proposer une solution à ce problème

Les solutions sont écrites par les inscrits, puis relues avant publication.

Je propose une solution

Partager cette page

Le lien s’ouvre sans compte et affiche son image sur les réseaux.

Faire un don Je souhaite rejoindre

Rejoindre le mouvement

Je souhaite rejoindre

L’inscription est gratuite, et le don facultatif. Laissez votre adresse : vous recevrez votre invitation par courriel.

Protection de vos données. Les deux champs sont obligatoires. Natacha Polony traite ces informations, ainsi que la source de votre visite, sur la base de votre consentement, uniquement pour vous tenir informé de ses prochaines étapes et mesurer la provenance des participations. Votre inscription est enregistrée dès l’envoi du formulaire. Vous pouvez retirer votre consentement et exercer vos droits à tout moment. En savoir plus sur vos droits et l’utilisation de vos données.

Déjà inscrit ? Connectez-vous.