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Cahier de doléances · Éducation

Problème n° 4447

Professeur d’économie-gestion en lycée professionnel, nouvellement retraité, j’ai été interpellé par votre très pertinente analyse sur les bacs pro tertiaires.
J’ai débuté comme prof de comptabilité à l’époque des bacs pro compta et secrétariat. Les contenus étaient assez techniques et professionnalisants, même si l’adéquation du diplôme avec le public recruté posait déjà question. Puis les référentiels se sont peu à peu vidés de leur contenu au fur et à mesure des réformes.
Dans ces filières qui demandent – en principe – des qualités rédactionnelles, on envoie des élèves en difficulté scolaire ou allophones. Pour bien des métiers du tertiaire administratif, un bac + 2 est le strict minimum, et la plupart n’iront pas. J’ai mis tant de notes « bienveillantes » sans rapport avec le niveau réel de la copie, en toute connaissance de cause. Oui nous mentons aux jeunes !
Il s’agit trop souvent d’orientations par défaut, pour des publics que les métiers de l’administration et de l’accueil ne font absolument pas rêver.
La question que je me pose : il faudrait fermer de ces filières qui font honte à l’école de la République. Je vais jusque-là. Mais cela ne résoudra pas le problème de l’orientation par défaut de certains jeunes, qui se reportera ailleurs.
Puis j’ai bifurqué vers les métiers de l’hôtellerie et de la restauration. Les élèves ne sont pas plus de petits anges calmes et studieux, mais ils apprennent un vrai métier, qui embauche, tous ne continuent pas, mais personne ne se sent relégué. J’y ai découvert que non, les jeunes ne sont pas paresseux, quand ils finissent de tout ranger très tard en fin de service. La différence à mon avis : donner du sens.
La gestion y est une matière exigeante et même assez technique, normal pour de futurs restaurateurs. Enfin était, car les référentiels viennent de changer, pour des contenus beaucoup, beaucoup plus « light ». Qui saura vraiment gérer un restaurant dans 10 ans, je l’ignore.

Depuis Ille-et-Vilaine (35) · 13 octobre

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