Le débat de l’âge de départ à la retraite stérilise et crispe le citoyen : les trois principaux camps politiques affichent un âge de départ à la retraite divergent, ce qui favorise le conflit et l’émotion. Quand on écoute certains, cet âge à lui seul conduirait le pays à son effondrement budgétaire. Or, il me semble que cet âge de départ s’observe en étroite relation avec la santé économique de la France. C’est la force d’emploi / production de notre pays qui définit la couverture sociale admissible, sans endettement. De fait, il me semble qu’un débat sur l’âge de départ à la retraite devrait conclure (non pas précéder) un discours / projet sur la réindustrialisation, l’emploi, la formation, l’école et l’avenir.
Un tel débat devrait aussi, il me semble, considérer l’IA et ses conséquences, l’IA qui a déjà mis au chômage des Français et qui continuera. Pourtant, nos politiciens s’échinent à discuter de retraite comme d’un élément déconnecté du système, sans racines (et plus généralement, nos politiciens discutent de notre modèle social sans le mettre en rapport avec le taux d’emploi et la production).
J’ai l’impression que cette rhétorique leur sert à susciter l’émotion plutôt que la raison ; ils invisibilisent les problèmes de production et d’emplois qui frappent le pays. Cela les arrange : émotions et conflits, donc visibilité sur les réseaux ; invisibiliser la production privilégie un discours d’actions idéologiques plutôt qu’un discours d’actions économiques. Que gagne le citoyen en écoutant ces débats stériles, si ce n’est moins de compréhension de son propre système ?
Cahier de doléances · Démocratie
Problème n° 4520
1 solution proposée
Le citoyen gagne très peu, en effet, car ces débats autour du modèle social sont récupérés idéologiquement par les politiciens. De façon caricaturée, baisser ou augmenter l’âge de départ leur permet de dire « moi je suis de gauche », « moi je suis de droite ». Ils ne demandent pas aux citoyens de penser un projet économique, mais d’arbitrer une position idéologique. De fait, combattant le feu par le feu, une rhétorique de la raison décrisperait la citoyenneté :
- Abroger l’émotion et l’alarmisme. Ramener la raison en révélant les liens étroits entre la retraite et notre modèle social avec la nécessité d’une production nationale et d’un taux d’emploi assuré. Le débat, recentré, éveille le citoyen à un levier d’action concret.
- Confronter le politicien à sa politique. Baisser l’âge de départ, « c’est donc que vous n’avez aucun plan de sauvetage de l’emploi et de l’industrie », augmenter l’âge de départ, « c’est donc que vous cachez dans votre manche un grand plan de réindustrialisation et d’emploi », on met le politicien face à de plus grandes responsabilités : l’industrie et la production.
- La retraite devient aussi un phare pour guider nos politiques de l’IA. Observer et penser l’introduction de l’IA par rapport à la retraite, former une déontologie de l’IA autour de cet enjeu, « l’introduction de l’IA sur le marché du travail ne doit pas ruiner notre modèle social ».
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