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Cahier de doléances · Institutions

Problème n° 4650

UNE TRANSFORMATION NÉCESSAIRE DU SÉNAT

Deux chambres disposent du pouvoir législatif : l’Assemblée nationale et le Sénat. À quoi bon un « équilibre » du pouvoir législatif avec deux chambres si les députés sont déjà l’expression du peuple élus au suffrage universel direct ?
En 1968, le président de Gaulle initie une réforme du Sénat pour lui donner plus de représentativité, le transformer en chambre consultative en lui retirant notamment le pouvoir législatif. La réponse de Gaston Monnerville, président du Sénat en 1968 est la suivante : « Aujourd’hui, […] il est proposé de remplacer le Sénat par une chambre consultative, dont les avis iraient sans doute rejoindre dans les tiroirs de la toute-puissante administration, ceux des multiples conseils, commissions et comités consultatifs qui encombrent et compliquent la marche normale des affaires du pays. […] Il importe de lui expliquer que si notre Assemblée est aujourd’hui l’objet des menaces du pouvoir, c’est parce qu’elle s’est toujours dressée contre les dépenses improductives ou inconsidérées ; qu’elle n’a cessé de lancer les avertissements nécessaires et que, refusant toute complaisance, elle est restée ferme dans ses résolutions, comme il convient à une assemblée indépendante et libre ». Le NON au référendum initié par le président de Gaulle a eu raison de ce projet de réforme.
Mais reprenons les arguments du président du Sénat pour le maintien de ses prérogatives. Le Sénat a-t-il empêché les 51 budgets annuels consécutifs déficitaires de l’État depuis 1974 ? A-t-il également empêché les conseils, commissions et comités consultatifs de proliférer ? Non et encore non.
Les arguments de Gaston Monnerville sont pourtant frappés du bon sens. Réformons donc le Sénat pour lui donner raison.

Depuis Yvelines (78) · 14 octobre

1 solution proposée

Solution n° 4651Niveau : État

Transformer le Sénat en Haute Cour de contrôle et d’évaluation.
Dans cette proposition, le Sénat ne dispose plus du pouvoir législatif. Cette Haute Cour (le nom de Sénat pourra être conservé) aura pour fonction :
- d’apprécier si les lois votées par l’Assemblée nationale sont conformes à la Constitution (le Sénat récupèrerait alors les attributions de l’actuel Conseil constitutionnel qui sera alors dissous). Afin que le Sénat ne puisse pas bloquer l’action de l’Assemblée nationale par purs calculs politiques, ses décisions seront consultatives et seul le peuple, interrogé par référendum, pourra en dernier recours décider de la constitutionnalité d’un projet ou d’une proposition de loi. En bref, s’il y a un désaccord constitutionnel entre le Sénat et l’Assemblée nationale sur la constitutionnalité d’une loi, un référendum devra être organisé.
- d’évaluer et de contrôler l’action de l’État, de ses agents publics et de ses politiques publiques. Pour cela, le Sénat disposera de la Cour des comptes et devra créer ex nihilo une Inspection sénatoriale. Celle-ci aura pour mission de contrôler tous les services publics sur le fondement des services rendus et de la simplification. Les rapports et recommandations du Sénat seront obligatoirement mis en œuvre par les différents ministères et collectivités territoriales.
- de juger si nécessaire l’action de l’État et de ses agents. Si les décisions et recommandations du Sénat ne sont pas mises en œuvre, ou s’il est constaté un grave manquement aux principes républicains, le Sénat, en sa qualité de chambre haute, possède le pouvoir de démettre tout élu (collectivité territoriale) ou tout ministre de ses fonctions. Qui de mieux placé qu’un représentant du peuple français pour sanctionner voire démettre de ses fonctions tel ou tel élu ou fonctionnaire ?
- composante du Congrès français, le Sénat conservera le pouvoir de voter les réformes constitutionnelles.
Pour tenir son rang de chambre haute, le Sénat doit être composé de sénateurs issus des collectivités territoriales et des représentants économiques et sociaux.
Il conviendra donc de trouver un mode de scrutin permettant de regrouper des maires, des adjoints, des conseillers départementaux, des représentants syndicaux ou encore des présidents d’association.

Depuis Yvelines (78) · 14 octobre

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