La France ne maîtrise ni la conception ni la fabrication des puces capables d’exécuter les modèles d’IA les plus avancés.
Cahier de doléances · Industrie
Problème n° 4704
1 solution proposée
Concevoir et de fondre en France, sur les lignes de production existantes de l’usine de Crolles, des puces capables d’inférer les modèles d’IA les plus puissants à ce jour. La faisabilité de ce type de puce a été démontrée par l’entreprise Groq en 2024. Un effort de recherche permettrait à la France de mettre au point une puce similaire. Au-delà de l’autonomie stratégique qu’une telle initiative apporterait à la France en la protégeant d’embargos étrangers sur des puces qui sont appelées à occuper une place grandissante dans notre économie, elle permettrait surtout à l’État de se constituer une rente technologique alors que la concentration du capital lié à l’IA (modèles et puces) est en train de se jouer entre quelques entreprises américaines.
Feuille de route pour concevoir une architecture logique, similaire à celle mise au point par Groq, qui puisse être fondue dans l’usine de Crolles.
Phase de préfiguration : le Premier ministre adresse au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) une lettre de mission le chargeant de préfigurer Microélectronique de France (MdF) dont la mission sera de concevoir une architecture logique de microprocesseurs capables d’inférer les modèles de langage les plus avancés tout en étant fondus sur des semi-conducteurs à nœuds matures, tels que ceux produits par l’usine de Crolles de STMicroelectronics. Le CEA sera ainsi chargé de :
• constituer Microélectronique de France, aux côtés de Bpifrance, comme société anonyme au registre du commerce ;
• préfigurer MdF en constituant une équipe d’une vingtaine de chercheurs ayant déjà travaillé sur des architectures logiques capables d’inférer des modèles de langage sur des puces à nœuds matures, issus d’entreprises comme Groq, Google TPU et Nvidia ;
• fournir à MdF un accès à FAMES, la ligne pilote de production de microprocesseurs exploitée par le CEA ;
• signer avec STMicroelectronics un accord de confidentialité donnant accès à MdF aux règles de conception à respecter pour que l’architecture logique puisse être fondue dans l’usine de Crolles.
Phase de recherche et de constitution d’un premier portefeuille de commandes (deux ans) : cette phase sera financée à hauteur de 100 millions d’euros par le Secrétariat général pour l’investissement (SGPI) grâce aux crédits du plan France 2030 déjà fléchés vers les semi-conducteurs.
L’objectif est de :
• concevoir cette architecture logique de puce en deux ans de manière à éviter un retard de déploiement trop important face aux puces américano-taïwanaises et chinoises alors que les constructions de centres de données se multiplient ;
• concevoir et fabriquer des châssis de serveurs adaptés aux puces MdF dans le cadre de contrats de prestations d’ingénierie avec des entreprises françaises comme OVHcloud ou Scaleway ;
• signer des lettres d’intention d’achats avec les concepteurs européens de modèles de langage, les hébergeurs européens qui proposent des solutions souveraines comme OVHcloud, Scaleway ou Deutsche Telekom.
Phase de fonderie : une fois l’architecture logique conçue, le Gouvernement sollicitera le Parlement dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances, pour augmenter le capital de MdF de 500 millions d’euros. Cette participation de l’État, complétée par les engagements souscrits auprès de clients privés lors de la phase de recherche, permettra à MdF de commander à STMicroelectronics un premier lot de 1 million de puces dans le cadre d’un marché passé sans publicité ni mise en concurrence préalables, sur le fondement de l’article L. 2122-1 du code de la commande publique.
Phase de levée de capitaux privés : une fois que l’architecture logique de MdF aura été transformée en une puce éprouvée, la société sera introduite en Bourse sur Euronext Paris. L’État cédera ainsi 20 % du capital de l’entreprise.
Phase de création de centres de données : MdF financera la construction de ces centres de données par recours à un emprunt, adossé aux contrats de location de puissance de calcul déjà signés, en complément des capitaux propres tirés de la vente des premières puces et de l’introduction en Bourse.
Phase de rente : MdF continuera la conception et la vente de puces et louera de la puissance de calcul au sein des centres de données qu’elle exploitera. Les bénéfices dégagés seront dédiés à la conception de nouveaux modèles de puces plus performantes et à l’élargissement du parc de centres de données.
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