Dans son ouvrage « Le Temps, ce grand sculpteur », Marguerite Yourcenar expose un argumentaire en faveur d’une « Déclaration des droits de l’animal ». Elle dit : « Tu ne feras pas souffrir les animaux, ou du moins tu ne les feras souffrir que le moins possible. Ils ont leurs droits et leur dignité comme toi-même. » Yourcenar considère son propos comme subversif, mais nécessaire, car il est toujours bon de promulguer ou d’affirmer des lois véritables, laissant aux transgresseurs le sentiment d’avoir mal fait. (Tels les droits de l’homme, souvent violés car non contraignants, mais dont la force symbolique discrimine toujours celui qui agit par nécessité de celui qui agit avec inhumanité.)
Ce texte permettrait d’affirmer que, oui, les expérimentations sur les animaux ou la tenue de certains abattoirs sont misérables. Il affirmerait que, oui, des pratiques de chasse ou certains enclos sont sans noblesse, mais ce texte ne les amende que moralement. Il ne contraint pas la société, il nous invite à l’améliorer, améliorer le sort des animaux (et par ricochet celui des humains qui travaillent au milieu de cette souffrance). Ce serait un engagement moral de l’État contre la (petite) souffrance animale, un équilibre idéal entre volonté animaliste et nécessité économique. Contre le citoyen qui bat ses animaux, l’État affirme son désaveu. C’est le regard qui évolue.
Cahier de doléances · Institutions
Problème n° 4986
Aucune solution pour l’instant
Proposer une solution à ce problème
Les solutions sont écrites par les inscrits, puis relues avant publication.
Partager cette page
Le lien s’ouvre sans compte et affiche son image sur les réseaux.