Les programmes n’ont pas de sens pour les élèves, et les enfants ne comprennent pas ce qui est attendu d’eux.
La méthode consistant à expliquer une notion aux élèves, la leur faire copier, et enfin faire des exercices, semble avoir été délaissée au profit d’une méthode d’apprentissage au travers de la découverte. Cependant, ce qui paraît limpide pour un adulte connaissant le sujet ne l’est pas pour l’enfant qui y est confronté pour la première fois. Le lien logique leur manque souvent. L’analyse qui permet d’y arriver aussi.
Ma belle-fille est rentrée le week-end dernier en me disant qu’elle n’avait « rien compris » à son cours de français de 5e. Le cours est un polycopié, qui traite du groupe nominal et de ses extensions. Y sont mélangés tous types d’abréviations (compl. de l’ant., prop. sub. rel., …) dont certaines qui n’ont pas été vues au préalable – le concept de proposition a été très rapidement évoqué en 6e, mais jamais approfondi et n’est très clairement pas compris. Des schémas parsèment la feuille, sans aucune phrase complète – il faut remettre sur chaque flèche le sens logique soi-même. Ensuite un tableau récapitule les objets précédents en les nommant par « nature » et « fonction » – l’enfant ne comprend pas de quelle fonction on lui parle. Pourquoi la proposition subordonnée relative, que je viens de lui expliquer difficilement, se nomme « complément de l’antécédent » lorsqu’elle est dans la case fonction ? Pourquoi dans certains exercices on mettra l’un ou l’autre ?
Pourquoi mettre un tableau incompréhensible plutôt que faire copier « une proposition relative qui a pour fonction d’étendre un groupe nominal est nommée complément de l’antécédent » ?
Ce problème n’est pas isolé – les cours d’histoire, de sciences, etc., présentent le même fonctionnement : des schémas remplacent les phrases, les liens logiques ne sont pas faits, les thèmes sont renversés…